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        <title>Le jardin médiéval</title>
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                <orgname>MPS lycée Victor Duruy</orgname>
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                    <city>Paris</city>
                    <street> 33 Boulevard des Invalides</street>
                    <postcode>75007</postcode>
                    <country>France</country>
                </address>
            </author>
            <author>
                <orgname>Lycée Victor Duruy</orgname>
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                    <city>Paris</city>
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                <email>cdi.victorduruy@laposte.net</email>
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                <personname>
                    <firstname>Gérard</firstname>
                    <surname>Vidal</surname>
                </personname>
                <affiliation>
                    <jobtitle>Directeur de collection</jobtitle>
                    <orgname>ENS de Lyon/Ifé</orgname>
                </affiliation>
            </editor>
        </authorgroup>
        <copyright>
            <year>2016-06-01</year>
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                <link xlink:href="https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/">Cette illustration est mise à disposition selon
               les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les mêmes
               conditions 4.0 International </link>
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            </holder>
        </copyright>
        <abstract>
            <para>Notre projet pluri et transdisciplinaire, croisant les enseignements d'exploration <emphasis>Méthodes et Pratiques
               scientifiques </emphasis>et <emphasis>Littérature et Société, </emphasis>est né du désir d'explorer les ressources
            offertes par le parc de notre établissement : le thème du jardin permettait en effet d'aborder des notions
            scientifiques par le biais d'une démarche d'investigation (observation, expérimentation, interprétation, conclusion)
            et des problématiques historiques (questionnement de la représentation des rapports entre nature et culture). Première
            étape de ce projet ambitieux, le jardin médiéval a fédéré tous nos efforts. Les travaux des élèves ont abouti à la
            rédaction des textes suivants et à la création d'un "carré" médiéval dans l'enceinte du parc
               (<emphasis>simples</emphasis>, plantes tinctoriales, "racines") </para>
        </abstract>
    </info>
    <preface>
        <title>Introduction</title>
        <sect1>
            <title> A l'origine de ce projet </title>
            <para> - des élèves d'option MPS et littérature et société </para>
            <para>- des professeurs motivés par le travail interdisciplinaire et collaboratif</para>
            <para>- le projet Hortus (projet interdisciplinaire Université de Lyon - CNRS) </para>
            <para>- des membres de l’équipe ACCES de l’Institut Français de l'éducation pour l'encadrement de la partie technique :
            toute notre reconnaissance à Sabine LAVOREL pour son suivi efficace et souriant tout au long du projet ainsi qu'à
            Charles-Henri EYRAUD pour sa patience, son sens pédagogique et sa disponibilité exceptionnels.</para>
            <para>- des chercheurs du CIHAM, Université Lyon 2 : nous tenons à remercier Jean-Louis GAULIN pour son invitation et son
            accueil chaleureux à la journée d'études <emphasis role="italic">HORTUS </emphasis>: "Histoire des savoirs et jardin
            de mémoire". Nous remercions tous les intervenants qui ont animé cette journée et soutenu notre motivation par leurs
            éclairages précieux : Paul ARNOULD, Cyrille AILLET, Beate LANGENBRUCH, Myriam CLEMENT-BOYER, Etienne GRESILLON, Claire
            DELFOSSE, Dominique CARDON ; nous adressons un remerciement tout particulier à Laurence MOULINIER-BROGI pour les
            généreux échanges qui ont de surcroît suivi cette journée d'études et enrichi nos travaux.</para>
            <para> </para>
        </sect1>
        <sect1>
            <title>Qu'est ce qu'un jardin? Un projet suggéré par les lieux </title>
            <para> La présence, dans l'enceinte du Lycée, d'un parc remarquable, prolongement de celui du musée Rodin, invite tout
            naturellement à questionner la définition de cet espace où le végétal semble imiter la nature.... Il a donc été
            question de proposer aux élèves de l'option Littérature et Société un parcours historique qui interrogerait les
            rapports critiques entre nature et culture ; ce questionnement a paru tout simplement se présenter de façon concrète
            et pertinente dans l'analyse du jardin. Le travail historique et culturel a conduit à des découvertes sur la botanique
            et l'histoire des plantes, de leur acclimatation : il a donc été possible de donner un aspect pratique aux activités
            scientitiques des élèves de l'option MPS ; en questionnant les simples, il fallait savoir si des propriétés
            antiseptiques étaient à noter, il fallait extraire des huiles essentielles... Si les deux groupes ont ainsi travaillé
            en parallèle, il a été aménagé des moments de rencontre pour que chacun prennent conscience des travaux des autres et
            de leurs problématiques. Les travaux ont donc débuté par la découverte des lieux : les élèves ont parcouru le parc
            afin d'en observer les éléments constitutifs et de réaliser des fiches de reconnaissance des arbres et des arbustes ;
            il s'est agi aussi de fixer un vocabulaire d'architecture pour décrire l'oraganisation de l'espace (prise en compte de
            l'étagement des volumes, des jeux d'ombres et de couleurs, voire de senteurs) A partir de ce premier travail, la
            définition du mot jardin a été questionnée : une recherche sur l'étymologie et sur l'origine mythique du jardin idéal
            a été faite. Les élèves ont ensuite été amenés à travailler sur les instructions de leurs professeurs et selon leurs
            options :</para>
            <para> - en Littérature et Société, des groupes ont été constitués et chacun a choisi une thématique ayant émergé de
            l'observation et des notions héritées de la leçon étymologique : la notion de clôture, la relation à l'Eden et à la
            religion, l'accessoirement ornemental et le nécessairement nourricier, les herbes bonnes et les mauvaises herbes,
            l'idéal et l'endémique... Neuf groupes ont ainsi préciser ces notions qui sont développées en neuf chapîtres. </para>
            <para>- en Méthodes et pratiques scientifiques (MPS), la progression a été programmée selon les domaines d'utilisation
            des plantes à l'époque médièvale (plantes, textiles, plantes médicinales, plantes tinctoriales). Les supports
            documentaires variés, les recherches en autonomie et les pratiques expérimentales ont permis aux élèves à partir de
            démarches d'investigation, de démarches scientifiques, de répondre aux problèmes posés.</para>
            <para>Tout au long de l'année, des informations complémentaires ont été fournies aux élèves : </para>
            <para>- une visite-conférence au musée Tillequin (Faculté de Pharmacie de Paris) a permis aux élèves de se rendre compte
            de l'évolution de la phramacopée depuis les conceptions médiévales. </para>
            <para>- un atelier de travail avec des formateurs de la BNF a ouvert aux élèves les possibilités de recherche sur la base
            GALLICA. </para>
            <para>- une visite-conférence à la Bibliothèque de l'Arsenal sur la fabrication du livre au Moyen-Age a replacé le projet
            dans une trajectoire historique.</para>
        </sect1>
    </preface>
    <article>
        <info>
            <title>Les sciences au jardin médiéval (MPS)</title>
            <author>
                <orgname>MPS lycée Victor Duruy : classe de seconde 1</orgname>
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                    <country>France</country>
                </address>
            </author>
            <abstract>
                <para>Dans cet article, nous découvrons quelques caractéristiques scientifiques liées aux utilisations de plantes
               textiles, médicinales et tinctoriales. .A partir d'une démarche d'investigation , le plus souvent associée à une
               pratique expérimentale, les élèves de seconde de l'option méthodes et pratiques scientifiques, découvrent quelques
               notions, expliquent, prédisent des phénomènes scientifiques, tirent des conclusions. La démarche de projet a
               mobilisé certaines compétences scientifiques, a développél'autonomie et l'initiative, a fait découvrir le travail
               en équipe et le travail pluridisciplinaire. Ce travail a été proposé de manière collective à l'ensemble du groupe ,
               la présentation des résultats et des bilans ont été laissé à l'automie des élèves. Ce travail montre une synthèse
               de quelques travaux d'élèves.</para>
            </abstract>
        </info>
        <sect1>
            <title>Plante textile : L'ortie </title>
            <sect2>
                <title>Extrait : " Les misérables" Victor Hugo </title>
                <para> L'ortie est utilisée depuis l'époque médiévale ..découvrons un extrait de texte de Victor hugo : Les misérables
               1862 (première partie Fantine Livre V).</para>
                <para> " Un jour il voyait des gens du pays très occupés à arracher des orties. Il regarda ce tas de plantes
               déracinées et déjà desséchées, et dit : - C'est mort. Cela serait pourtant bon si l'on savait s'en servir. Quand
               l'ortie est jeune, la feuille est un légume excellent ; quand elle vieillit, elle a des filaments et des fibres
               comme le chanvre et le lin. La toile d'ortie vaut la toile de chanvre. Hachée, l'ortie est bonne pour la volaille ;
               broyée, elle est bonne pour les bêtes à cornes. La graine de l'ortie mêlée au fourrage donne du luisant au poil des
               animaux ; la racine mêlée au sel produit une belle couleur jaune. C'est du reste un excellent foin qu'on peut
               faucher deux fois. Et que faut-il à l'ortie ? Peu de terre, nul soin, nulle culture. Seulement la graine tombe à
               mesure qu'elle mûrit, et est difficile à récolter. Voilà tout. Avec quelque peine qu'on prendrait, l'ortie serait
               utile ; on la néglige, elle devient nuisible. Alors on la tue. Que d'hommes ressemblent à l'ortie ! - Il ajouta
               après un silence : Mes amis, retenez ceci, il n'y a ni mauvaises herbes, ni mauvais hommes. Il n'y a que de mauvais
               cultivateurs. ". </para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title> Observation des fibres de cellulose </title>
                <para> L'ortie appartient à la grande famille des Urticales et à la sous-famille des Urticacées. Cette plante herbacée
               présente une tige quadragulaire et des feuilles opposées , toute la plante est couverte de poils urticants,
               sécréteurs de substances irritantes (histamine, sérotonine , acide formique) Les fleurs sont vertes,unisexuées et
               réunies en inflorescences .</para>
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                    <title>Une jeune ortie brûlante du jardin</title>
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                                        <holder>Victor Duruy</holder>
                                    </copyright>
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                    <title>Détails de l'inflorescence</title>
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                    <para>Afin de découvrir ces fibres dans l'ortie, nous réalisons et observons au microscope optique et au microscope
                  polarisant. Fiche technique : Réalisation d'une coupe végétale (ac Toulouse) <link xlink:href="http://pedagogie.ac-toulouse.fr/svt/serveur/bankact/dossiers/FT/coupes_vegetales/FT_de_coupes_vegetales.pdf">Télécharger le pdf</link>
                    </para>
                    <para> La coupe suivante a été au préalable colorée par la technique de la double coloration. Le carmin aluné
                  colore les structures cellulosiques en rose et le vert d'iode colore les structures à base de lignine en vert.
                  Les régions constituées de cellulose colorées en rose correspondent aux parois des cellules végétales de la
                  partie externe de la tige, ces zones sont organisées en faisceaux, la paroi des cellules y est épaissie. Les
                  molécules de cellulose des parois épaisses constituent les fibres. Au microscope polarisant, la cellulose qui a
                  une structure paracristalline laisse passer la lumière et apparait brillante.</para>
                </figure>
                <figure>
                    <title> Coupe de tige d'ortie au microscope optique</title>
                    <mediaobject>
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                                <info>
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                                    <copyright>
                                        <year>2016</year>
                                        <holder>Victor Duruy</holder>
                                    </copyright>
                                </info>
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                        <caption>
                            <para> les cellules ayant une paroi épaissie sont regroupées en faisceau </para>
                        </caption>
                    </mediaobject>
                </figure>
                <figure>
                    <title> Coupe de tige d'ortie au microscope polarisant</title>
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                                    <copyright>
                                        <year>2016</year>
                                        <holder>Victor Duruy</holder>
                                    </copyright>
                                </info>
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                        <caption>
                            <para> les parois cellulaires riches en cellulose apparaissent brillantes au microscope polarisant</para>
                        </caption>
                    </mediaobject>
                </figure>
                <para>Les fibres de l'ortie représentent 17% du poids de la plante.</para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>La molécule de cellulose : une fibre textile.</title>
                <para>La molécule de cellulose constituant les fibres a été visualisée avec un logiciel de visualisation en 3D
               (RASTOP) . . </para>
                <para> Le composant majeur de la paroi de la cellule végétale est la molécule de cellulose, un polymère linéaire à
               structure cristalline, cette molécule qui apparait très complexe est en fait monotone car constituée de la
               répétition de nombreuses sous-unités de cellobiose (2 glucoses liés en bêta 1-4). Il y a jusqu'à 16 000 molécules
               de glucose par molécule de cellulose. Les molécules de glucose sont liées par des liaisons osidiques : deux
               molécules de glucose perdent ensemble deux atomes d'hydrogène et un atome d'oxygène (une molécule d'eau est
               formée), l'atome d'oxygène restant dans un glucose forme une liaison covalente avec un atome de carbone de l'autre
               glucose. Un diholoside ou cellobiose est obtenu, qui va lui-même former avec un autre cellobiose, une molécule de
               cellulose. </para>
                <para>Une chaîne de cellulose est formée de l'enchaînement de cellobiose (&gt;2000), des liaisons hydrogènes
               intra-chaînes ou liaisons H (pointillés horizontaux sur le schéma ) stabilisent la structure. Des chaînes
               superposées de cellulose forment des feuillets maintenus par des liaisons hydrogènes inter-chaînes (pointillés
               verticaux sur le schéma). Une microfibrille est composée de 6 chaînes ou plus, c'est une structure semi-cristalline
               d'environ 8 nm de diamètre environ. Les microfibrilles peuvent s'associer entre elles et former des fibres de
               diamètre compris entre 20 et 30 nm. Cette structure en feuillets donne à la cellulose une grande flexibilité et une
               forte résistance mécanique : pour un même diamètre, la résistance mécanique d'une microfibrille de cellulose est
               supérieure à celle de l'acier. </para>
                <figure>
                    <title>la molécule de cellulose</title>
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                                        <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
                                        </simpara>
                                    </legalnotice>
                                    <copyright>
                                        <year>2015</year>
                                        <holder>ENS de Lyon</holder>
                                    </copyright>
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                                        <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
                                        </simpara>
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                                    <copyright>
                                        <year>2015</year>
                                        <holder>ENS de Lyon</holder>
                                    </copyright>
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                        <caption>
                            <simpara>La molécule de cellulose </simpara>
                        </caption>
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                    <title>La molécule de cellulose</title>
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                                        <year>2016</year>
                                        <holder>Victor Duruy</holder>
                                    </copyright>
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            </sect2>
            <sect2>
                <title> Des tiges d'orties aux fibres : rouissage, battage, teillage, filage </title>
                <para> Le rouissage consiste à immerger les tiges pendant 8 à 10 jours dans de l'eau, les micro-organismes dégradent
               par hydrolyse enzymatique des ciments pectiques qui donnent la cohésion des fibres entre elles et avec les autres
               tissus ; sans les pectines les fibres se détachent. </para>
                <figure>
                    <title> Fibres d'orties après rouissage</title>
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                                        <holder>Victor Duruy</holder>
                                    </copyright>
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                <para>Après le rouissage, les tiges sont séchées puis battues (action mécanique réalisée ici avec un pilon) pour
               faciliter l'extraction des fibres. Le teillage permet de séparer d'une part les fibres de la paille et d'autre part
               les fibres entre elles. La filasse obtenue est peignée afin d'éliminer les fibres les plus courtes et obtenir de
               longs fils : c'est le peignage. </para>
                <figure>
                    <title> Fibres de cellulose extraites après battage des tiges d'orties séchées</title>
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                                        <holder>Victor Duruy</holder>
                                    </copyright>
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                    <title> débris après battage des tiges séchées</title>
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            </sect2>
        </sect1>
        <sect1>
            <title>La paroi des cellules végétales : lieu de localisation des fibres </title>
            <para> Après l'observation et l'extraction des fibres de cellulose localisées dans les parois, une séance d'observation
            de cellules d'épiderme d'oignon est réalisée afin de travailler la schématisation et déterminer les différents
            organites de la cellule végétale : noyau, cytoplasme, vacuole, membrane cytoplasmique et paroi. Les cellules végétales
            d'oignon rouge sont placées dans des conditions de turgescence et de plasmolyse afin de bien distinguer la vacuole et
            de préciser son rôle dans la croisssance cellulaire. Les notions de parois primaire et secondaire sont
            présentées.</para>
            <sect2>
                <title> une représentation schématique de la cellule végétale </title>
                <figure>
                    <title> Quelques productions d'élèves </title>
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                                        <holder>Victor Duruy</holder>
                                    </copyright>
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                    <title>Schéma d'Aimée</title>
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                    <title>Schéma d'Arthur</title>
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                    <title> Schéma 4</title>
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                <para>Bilan : Les végétaux possèdent deux parois. </para>
                <para>La paroi primaire correspond à la paroi des jeunes cellules, qui n'ont pas terminé leur croissance. Une fois la
               croissance achevée, les cellules mettent en place une paroi secondaire, souvent plus épaisse que la paroi primaire,
               et dont la stucture et la composition sont très variables en fonction des types cellulaires. La paroi primaire est
               formée de plusieurs polymères associés par différents types de liaisons. Les microfibrilles sont disposées sans
               ordre, on parle de texture dispersée. Elle est plastique, de 1 à 3 microns d'épaisseur et composée de cellulose,
               d'hémicellulose et de composés pectiques.</para>
                <para> La paroi secondaire est rigide et peut atteindre une épaisseur considérable dans certains tissus de soutien.
               Elle est appliquée contre la paroi primaire et à l'intérieur de celle-ci. Elle est rigide et donc ne permet plus la
               croissance cellulaire. Elle est formée de microfibrilles de cellulose et d'une matrice comme la paroi primaire mais
               les microfibrilles sont disposées de façon régulière décrivant des hélices très redressées par rapport au grand axe
               de la cellule.</para>
                <figure>
                    <title>cellulose et pectine dans la paroi primaire </title>
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                                        <year>2016</year>
                                        <holder>Victor Duruy</holder>
                                    </copyright>
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                </figure>
            </sect2>
        </sect1>
        <sect1>
            <title>Plantes médicinales et action antifongique </title>
            <para> Afin de faire écho au travail de nos camarades de l'option «littérature et société» nous souhaitons constater de
            nous même, l’efficacité de certaines pratiques utilisant des "herbes" comme remèdes. Les jardins médiévaux "hortus",
            "herbularius" sont caractéristiques de nombreux couvents et monastères au Moyen Age où les plantes médicinales ,
            arômatiques et potagères sont cultivées . Entre le VIII ème et le X ème siècles les Arabes importent en Occident le
            principe de l'hydro-distillation : l'eau de rose et les huiles essentielles connaissent alors un essor important.
            Certaines huiles essentielles étaient utilisées pour guérir les infections bactériennes ou fongiques de la peau ou
            plus invasives du corps. </para>
            <para>Nous cherchons à montrer si les huiles de thym, de romarin et de lavande présentent cette action antifongique. </para>
            <figure>
                <title>Observation de levures au microscope objX40</title>
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                                    <holder>Victor Duruy</holder>
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                    </imageobject>
                    <caption>
                        <para>Cellules de levure de boulanger observées au microscope optique, grossissement : 400</para>
                    </caption>
                </mediaobject>
            </figure>
            <para>Pour cela, nous cultivons des levures en présence d'huiles essentielles dans des boîtes de Pétri. La levure est un
            champignon unicellulaire, qui se multiplie en donnant des colonies. Pour se developper la levure prélève les éléments
            nutritifs présents dans la gélose des boites de Pétri. Nous imbibons des pastilles en papier de ces huiles
            essentielles pour que celles-ci puissent diffuser dans la gélose par l’effet buvard. </para>
            <para> Dans le cas où l’huile essentielle présenterait une activité antifongique, on s’attend à ce que là où l’huile
            essentielle s’est propagée, il n’y ait pas de levures (celles-ci auraient été détruites). Dans le cas contraire, si
            l’huile essentielle ne présente pas d’activité antifongique, on devrait observer des colonies de toute part : les
            levures se seraient multipliées et développées sur toute la surface de la boîte de pétri. La manipulation a été
            réalisée dans des conditions stériles (zone de travail à proximité d’un bec électrique, matériel utilisé stérile,
            mains préalablement lavées à l’alcool …)</para>
            <para>Nous décidons de tester trois huiles essentielles de Thym, de Romarin, de Lavande. </para>
            <figure>
                <title> Préparation des boîtes de Pétri</title>
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                                    <holder>Victor Duruy</holder>
                                </copyright>
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            </figure>
            <para> Après 4 jours dans un incubateur à 29° C, nous avons pu observer les résultats suivants :</para>
            <figure>
                <title> Résultats obtenus </title>
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                                    <holder>Victor Duruy</holder>
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            </figure>
            <para> On observe la présence de nombreuses petites taches jaunes : ce sont des colonies de levures qui se sont
            développées. A certains endroits, les levures se sont tellement multipliées qu’on observe une surface totalement jaune
            couvrant une grande partie de la boîte de Pétri. On observe vers le bas de la boîte, un espace où il n’y a pas eu de
            formation de colonies, probablement dû à une absence d’ensemencement lors de l’étalement des levures. On observe
            autour des pastilles imbibées un halo sans colonies, l’huile essentielle s’est propagée autour de la pastille dans la
            gélose ce qui a empêché la multiplication des levures. </para>
            <figure>
                <title> schéma d'interprétation</title>
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                                    <holder>Victor Duruy</holder>
                                </copyright>
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            </figure>
            <para>Conclusion : là où l’huile essentielle s'est propagée, il n’y a pas eu de multiplication de levures ; une auréole
            sans levures s'est formée autour des pastilles en papier. Ce résultat est valable pour les 3 huiles essentielles
            testées. Les huiles de Thym, de Romarin et de Lavande ont donc une action antifongique : elles luttent contre les
            champignons. </para>
            <para>NB : de nos jours, les huiles essentielles sont toujours utilisées pour guérir les infections fongiques cutanées
            (mycoses) : on parle d’aromathérapie. </para>
            <figure>
                <title>les huiles essentielles</title>
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                                    <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                 Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
                                    </simpara>
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                                <copyright>
                                    <year>2015</year>
                                    <holder>ENS de Lyon</holder>
                                </copyright>
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                                    <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                 Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                <copyright>
                                    <year>2015</year>
                                    <holder>ENS de Lyon</holder>
                                </copyright>
                                <legalnotice>
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                                 disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation
                                 Commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International</link>
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                        <simpara>C'est pas sorcier </simpara>
                    </caption>
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            </figure>
        </sect1>
        <sect1>
            <title> Hydrodistillation, extraction et chromatographie </title>
            <figure>
                <title>montage de l'hydroditillation</title>
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            </figure>
            <para> Le but de la séance est de mettre en évidence les deux constituants essentiels contenus dans l'essence du Clou de
            Girofle : l'eugénol et l'acétyleugénol. L' hydrodistillation ou entraînement à la vapeur des essences de Clous de
            Girofle pilés, mélangés avec de l'eau. A l'ébullition les cellules végétales éclatent et libèrent les molécules
            d'intérêt, la vapeur contenant les huiles essentielles se dégage. Le passage de la vapeur dans le réfrigérant permet
            sa condensation : le distillat obtenu est constitué d'un mélange hétérogène d'eau et d'huile essentielle de Clou de
            Girofle. </para>
            <figure>
                <title> schéma du montage </title>
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            </figure>
            <para>Dans une ampoule à décanter, on ajoute au distillat de l'eau salée saturée, on agite doucement (en dégazant de
            temps en temps). La solubilité de l'huile essentielle est moins grande dans l'eau salée donc l'huile essentielle
            dissoute dans l'eau est chassée par le sel, elle est moins dense que l'eau elle se retrouve donc en surface. </para>
            <figure>
                <title> ampoule à décanter</title>
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                                    <year>2016</year>
                                    <holder>Victor Duruy</holder>
                                </copyright>
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            </figure>
            <para>Sous une hotte, nous versons quelques ml de cyclohexane et nous agitons pendant 2 à 3 minutes en dégazant de temps
            en temps pour éviter la surpression. La phase aqueuse a une densité de 1,10 tandis que la phase organique de 0,78. La
            phase aqueuse est retirée pour ne conserver que la phase organique renfermant l'huile.</para>
            <para>Nous comparons les composants de l'huile essentielle obtenue par hydrodistillation, celle du commerce et le
            constitaunt de référence, en réalisant une chromatographie sur couche mince : trois dépôts sont faits à partir de
            cure-dent à 1cm du bord inférieur de la plaque de silice. Le 1er dépôt correspond au produit de référence (eugénol),
            le second au produit provenant d'une huile du commerce et le troisième à l'huile issue de notre extraction. Nous
            plaçons la plaque de chromatographie dans une cuve et nous versons de l'éluant à une hauteur de 0,5 à 0,8 cm. Les
            trois dépôts ont migré à la même vitesse, ils contiennent les mêmes constitants. L'huile que nous avons extraite
            contient bien de l'eugénol.</para>
        </sect1>
        <sect1>
            <title>Poils glanduleux et huiles essentielles de Lavande</title>
            <para> En froissant des feuilles de Lavande, des composés volatils se dégagent ce sont les huiles essentielles de
            Lavande.</para>
            <figure>
                <title> lavande officinale</title>
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                                    <holder>Victor Duruy</holder>
                                </copyright>
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            </figure>
            <para> Une coupe transversale de feuille est observée au microscopique. Des structures circulaires (poils glanduleux) peu
            nombreuses et des poils épidermiques (ou trichromes) très nombreux sont observés sur les deux faces de la feuille. Ces
            derniers jouent un rôle protecteur, contre les prédateurs et pour limiter la perte d'eau. En froissant les feuilles,
            la membrane des poils glanduleux se déchire, l'huile essentielle volatile se dégage dans l'atmosphère. </para>
            <figure>
                <title> Coupe de feuille de lavande observée au microscope optique observée</title>
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                                    <holder>Victor Duruy</holder>
                                </copyright>
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                    <caption>
                        <para>Photo prise au microscope optique (X 100). </para>
                    </caption>
                </mediaobject>
            </figure>
            <para> Le métabolisme secondaire des plantes produit de nombreux composés chimiques secondaires dont les fonctions sont
            variées :</para>
            <para>- Ils peuvent repousser les insectes/animaux par des actions telles que l'indigestion, le goût ou l'odeur.</para>
            <para> - Ils ont un effet fongique et inhibent les attaques des bactéries. </para>
            <para>- Ils peuvent attirer les insectes pour la pollinisation : la Menthe, le Thym, la Lavande, le Romarin possèdent des
            cellules sécrétrices reparties sur l'ensemble de la plante. </para>
        </sect1>
        <sect1>
            <title> Visite au musée François Tillequin </title>
            <figure>
                <title> Vitrines : Collection de Matière médicale</title>
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                                    <holder>Victor Duruy</holder>
                                </copyright>
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            <para>La Matière médicale (aussi appelée pharmacognosie) est l'étude des matières premières d'origine biologique à usage
            médical. On y étudie donc par exemple les drogues (herbes séchées), les huiles essentielles... Dans les substances
            produites par les plantes, les plus utilisées en pharmacognosie sont celles qui sont produites grâce au métabolisme
            secondaire des plantes, c'est-à-dire celles qui ne leur sont pas indispensables.</para>
            <para>Certaines huiles essentielles sont là depuis plus d'un siècle, c'est pourquoi certaines s'étaient évaporées. Une
            grande partie de la collection du musée date de l'époque des expositions universelles, moment privilégié pour les
            échanges scientifiques. Nous avons appris comment les extractions d'essences se réalisaient. Pour les rutacées
            (agrumes), par exemple, il existe deux manières : industriellement, on presse l'écorce pour obtenir l'huile, mais pour
            les produits de pharmacie, on doit l'obtenir par entrainement à la vapeur d'eau, c'est-à-dire en faisant bouillir de
            l'eau afin que la vapeur entraîne des particules d'essence.</para>
            <sect2>
                <title>le pavot et les opiacés</title>
                <para>Le pavot à opium, <emphasis>Papaver somniferum</emphasis>, appartient à la famille des Papavéracées comme le
               Coquelicot cultivé pour ses graines oléagineuses et comestibles utilisées en boulangerie (pain aux graines de
               Pavot, farine de Pavot) et pour en extraire l’huile.</para>
                <figure>
                    <title> Les opiacés</title>
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                                        <holder>Victor Duruy</holder>
                                    </copyright>
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                </figure>
                <para>L'opium est une des plus anciennes drogues, il est consommé de toutes les façons fumé, avalé, injecté... Il est
               produit à partir du pavot : <emphasis>papaver somniferum</emphasis>. Pour extraire l'opium de la plante, une
               incision était réalisée dans la capsule encore verte, un latex blanc était récupéré : c'est l'opium brut ; celui-ci
               se solidifie après évaporation pour former l'opium sec. Aujourd'hui la plus grande quantitié de l'opium issu de la
               culture du pavot sert à extraire la morphine, matière première à la production d'héroïne. </para>
                <para>Pendant l'Antiquité le Pavot poussait surtout sur le bassin méditerranéen et c'est à Rome que la première
               description scientifique en fut faite par Dioscoride au premier siècle. Vers le XVIIIème siècle, les Anglais ont
               commencé à exporter l'opium en Chine, pour pouvoir importer du thé de Chine. L'opium était alors surtout connu pour
               ses effets antalgiques et sédatifs. Mais les Chinois se sont trop vite habitués à cette substance et il y eut
               bientôt de nombreux opiomanes (1 personne sur 5 environ). La guerre de l'opium déboucha sur la domination anglaise
               en Chine. Parallèlement, au XIXème siècle, le pharmacien allemand Friedrich Wilhelm Sertürner réussit à isoler la
               molécule principale de l'opium en 1805 : la morphine (alcaloïde, est baptisée morphine en référence à Morphée le
               dieu grec des rêves). Cette découverte a permis de profiter des effets antalgiques de l'opium. Un peu plus tard,
               Pierre Robiquet parvient à extraire la molécule de codéine (autre alcaloïde) de l'opium du pavot, et découvre
               qu'elle peut constituer un traitement contre l'addiction à l'opium (et à l’héroïne). En 1952, la synthèse chimique
               de morphine et de dérivés morphiniques est possible mais les formes tridimentionelles et les effets de ces
               molécules sont différents de la morphine naturelle. La molécule de morphine est chirale, (non superposable à son
               image dans un miroir) ce qui la rend très difficile à reproduire par synthèse.</para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title> l'écorce de Quinquina et la quinine </title>
                <figure>
                    <title>La poudre de Quinquina</title>
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                                        <holder>Victor Duruy</holder>
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                </figure>
                <para>La quinine est un alcaloïde utilisé en particulier dans le traitement du paludisme, maladie mortelle. Sa
               première utilisation semble remonter au XVIIème siècle, lorsque Louis XV, fut guéri par un Jésuite, grâce à une
               poudre préparée à base d'écorce de Quinquina (la « poudre des Jésuites »). L'arbre à l'origine de cette poudre ne
               poussait que dans les Andes, entre 1000 et 3000 mètres d'altitude. Joseph de Jussieu décide donc d'y partir, pour
               rapporter des extraits de cette écorce. Dès lors, les Européens essayèrent d'acclimater cet arbre, comme par
               exemple les Anglais à Darjeeling, ou dans les îles de Java. En 1820, deux pharmaciens français J. Pelletier et J.
               B. Caventou, séparèrent la quinine des écorces d'un Quinquina jaune, et montrèrent qu'il s'agit du principe actif
               des Quinquinas. La réalisation des médicaments fut simplifiée et la production augmentée. La quinine a plusieurs
               propriétés : en plus d'être très efficace contre le paludisme, cette molécule est un alcaloïde ; amère, elle est
               aussi phosphorescente, (elle absorbe les UV, rayons invisibles pour l'oeil humain, et en réémet sous forme d'autres
               rayons, cette fois visibles). Pendant très longtemps, la quinine naturelle est restée une solution plus efficace
               que les molécules de synthèse contre certaines formes de paludisme. Mais en 2001, Gilbert Stock, de l'université
               Columbia réussit à créer des molécules de quinine de synthèse, qui ont exactement le même effet que la quinine
               naturelle. </para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title> le chocolat une préparation pharmaceutique</title>
                <para>Le chocolat provient d'un arbre d'Amérique Centrale, le <emphasis>Théobrome Cacao</emphasis>. Les Aztèques et
               les Mayas l'utilisaient pour en faire une boisson épicée. Les Espagnols ont apporté la mode de cette boisson en
               Europe et l'ont transformée en boisson sucrée. Contrairement à la majorité des arbres qui portent leurs fruits au
               bout de leurs branches, celui-ci les porte sur son tronc. Ces fruits, les ''cabosses'', une fois coupés en deux,
               laissent apparaître des fèves. Dans une fève de cacao il y a environ 55% de matière grasse. Pour faire du cacao,
               les fèves sont dépulpées et mises à fermenter afin de bien les nettoyer. Les fèves séchées sont torréfiées (à
               130-160°) et broyées pour obtenir du cacao. A l'origine, le cacao était une préparation pharmaceutique (sous
               prescription du médecin). C'est pourquoi les premières recherches et les premières expériences ont été réalisées
               par des scientifiques. Van Houten, chimiste hollandais du XIXème siècle, a inventé le pressage du chocolat (il
               presse la fève torréfiée), ce qui permet d'enlever une partie de la matière grasse (beurre de cacao). Le pressage
               permet de réduire de 50% à 25% la quantité de matière grasse. Le cacao pressé (le tourteau) obtenu est pulvérisé,
               pour obtenir le cacao en poudre. Le beurre de cacao extrait est utilisé en cosmétique, pour la réalisation de savon
               ou en pharmacie, pour la production de suppositoires, ou en chocolaterie, pour le chocolat blanc. Ensuite, les
               perfectionnements se multiplièrent : un médecin anglais inventa la tablette de chocolat, puis Lindt, fils de
               pharmacien, inventa le conchage, procédé d'affinage du chocolat par brassage à une température de 80 degrés Celsius
               et à malaxer pendant longtemps en y incorporant du beurre de cacao, ce qui change les propriétés physiques du
               chocolat, et qui donne un chocolat de meilleure qualité. </para>
                <figure>
                    <title> Le chocolat en pharmacie</title>
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                                        <holder>Victor Duruy</holder>
                                    </copyright>
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            </sect2>
            <sect2>
                <title> les poisons et des flèches</title>
                <para> A un moment de la visite, nous avons parlé des poisons de flèche. Il y a plusieurs type de poisons de flèche.
               Les deux principaux sont ou bien d'origine animale ou bien d'origine végétale. Les poisons de flèche étaient
               principalement utilisés pour la chasse par les Indiens d'Amérique, et le sont encore aujourd'hui par quelques
               populations de «chasseurs-cueilleurs». Comme la viande de l'animal chassé est mangée par les chasseurs, il a fallu
               trouver des poisons qui ne soient pas nocifs pour l'homme. Il y a donc deux techniques principales : pour les
               poisons d'origine animale, on trempe une flèchette dans une substance visqueuse et toxique de l'animal, comme la
               peau, le venin... Par exemple, le poison couvrant la peau d'une espèce de grenouille était très efficace. Pour ceux
               qui sont d'origine végétale, des plantes contenant du poison non-létal pour l'homme ont été trouvées. Il suffisait
               alors de récupérer ce poison et d'en enduire les flèches. En Afrique, par exemple, des flèches cardio-toxiques, qui
               agissent sur le cœur de l'animal, sont utilisées. Le poison utilisé est recueilli dans le
                  <emphasis>Strophantus</emphasis>, végétal d'Afrique. En Amérique du Sud, le curare est utilisé, pour ses effets
               paralysants : il bloque la transmission neuro-musculaire, empêchant ainsi l'animal de s'enfuir. Il s'agit d'un
               myorelaxant qui provoque la mort par paralysie du système respiratoire, entraînant l'asphyxie. Grâce à cette
               technique, les animaux peuvent être consommés. Mais cette substance peut être allergénique. Les flèches étaient
               tirées à l'aide d'une sarbacane, qui pouvait mesurer entre 2 et 4 mètres. </para>
                <figure>
                    <title>Les poisons de flèches</title>
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                                        <holder>Victor Duruy</holder>
                                    </copyright>
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                </figure>
            </sect2>
        </sect1>
        <sect1>
            <title> Plantes tinctoriales et couleurs de plantes</title>
            <para>La couleur verte des végétaux est liée a la presence de chlorophylle dans certains de leurs organes comme les
            feuilles. La chlorophylle est un melange de plusieurs pigments. Nous pouvons donc nous demander quelles sont ces
            substances ? Nous cherchons donc à séparer et à identifier les constituants du pigment vert. Pour cela nous utilisons
            la technique de la chromatographie : c'est une technique de separation des substances presentes dans un mélange. Elle
            utilise la migration par ascension des constituants d'un mélange liquide sur un support solide ( le papier). Les
            constituants du mélange sont entrainés plus ou moins rapidement suivant leurs propriétées physico-chimiques : masse,
            polarité, solubilité. Nous disposons pour cela de papier Wattman, d'un cache noir, d'une éprouvette, d'un agitateur,
            d'un bouchon avec crochet de suspension et d'un solvant à chromatographie et d'une feuille verte de laurier
            palme.</para>
            <para> Le protocole est le suivant : </para>
            <figure>
                <title> Le montage d'une chromatographie </title>
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                                    <year>2016</year>
                                    <holder>Victor Duruy</holder>
                                </copyright>
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            <itemizedlist>
                <listitem>
                    <para>on verse 2 cm de solvant dans l'éprouvette, que l'on bouche pour saturer l'atmosphère</para>
                </listitem>
                <listitem>
                    <para>on écrase directement la feuille de Laurier sur le papier Wattman en pressant à l'aide d'un agitateur et on
                  répète plusieurs fois l'opération afin d'obtenir un dépôt bien concentré</para>
                </listitem>
                <listitem>
                    <para>nous couvrons l'éprouvette à l'aide d'un cache noir afin que la chlorophylle ne reçoive pas de lumière</para>
                </listitem>
                <listitem>
                    <para>nous attendons 20 à 30 minutes afin que puisse avoir lieu la migration </para>
                </listitem>
            </itemizedlist>
            <figure>
                <title> Résultat obtenu</title>
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                                    <holder>Victor Duruy</holder>
                                </copyright>
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            </figure>
            <para>Observations : on observe une migration de dépôt : différentes taches sont apparues à différentes hauteurs du
            papier. Grâce à la position des différentes taches et à la migration, et selon le schéma ci-dessous, nous pouvons
            identifier les composants de la chlorophylle brute.</para>
            <figure>
                <title>interprétation de la chromatographie</title>
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                                    <holder>Victor Duruy</holder>
                                </copyright>
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            </figure>
        </sect1>
        <sect1>
            <title>Les couleurs des pétales de fleurs </title>
            <para> La chromatographie de la « chlorophylle brute », extraite dans des feuilles, a montré qu’il s’agit d’un
            mélange de plusieurs pigments : chlorophylle <emphasis>a</emphasis>, chlorophylle <emphasis>b</emphasis>,
            caroténoïdes et xanthophylles. D’autres organes végétaux, comme les pétales des fleurs ont une coloration liée à
            d’autres pigments, les anthocyanes. On cherche ici à localiser la partie de la cellule contenant des anthocyanes et à
            trouver à quoi tient leur couleur.</para>
            <figure>
                <title>observation de pétale d'oeillet au microscope</title>
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                                    <holder>Victor Duruy</holder>
                                </copyright>
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            </figure>
            <para>Protocole : On a prélevé un lambeau d’épiderme de pétale de fleur (Œillet) qu’on a placé sur une lame, dans
            une goutte d’eau puis recouvert d’une lamelle. On a observé cette préparation au microscope. On constate que la
            couleur rose provient de l’intérieur des cellules, alors que les parois ne présentent pas de coloration. Comme la
            vacuole occupe la plus grande partie du cytoplasme, on peut dire que les anthocyanes, qui colorent la cellule en rose,
            sont localisés dans la vacuole cellulaire. Les anthocyanes sont solubles dans l’eau. Nous avons coupé en lamelles une
            feuille de chou rouge, puis nous avons broyé les morceaux de feuilles dans un mortier, avec de l’eau. Nous avons
            recueilli l'extrait et l’avons réparti dans plusieurs tubes (3ml) dans lesquels nous avons ajouté 3 ml de solution
            tampon à différents pH. La couleur des anthocyanes du chou varie selon le pH.</para>
            <figure>
                <title> Action du pH sur la couleur des anthocyanes</title>
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                                    <year>2016</year>
                                    <holder>Victor Duruy</holder>
                                </copyright>
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            </figure>
            <para> De la gauche vers la droite pH 5, 7 , 8 et 11. On remarque que la couleur change selon le pH. On en déduit que la
            couleur des anthocyanes est liée au pH. Plus le pH est acide , plus les roses dominent ; c'est ce qui explique les
            différentes couleurs d'Hortensias : plantés dans un sol acide, ils sont roses, dans un sol neutre et légérement
            alcalin (calcaire basique), ils virent au bleu pâle. A un pH 11(4eme tube à droite) la solution d'anthocyane est
            composée d'un mélange de formes bleues et jaunes lui conférant sa coloration dans la gamme des verts.</para>
        </sect1>
        <sect1>
            <title> Notre jardin médiéval</title>
            <para>Notre jardin est réalisé dans le patio du bâtiment des sciences, des carrés de 1,20 m sont utilisés.</para>
            <sect2>
                <title> Le plan</title>
                <figure>
                    <title>Le plan du jardin dans le patio du bâtiment des sciences (réalisation Thibaud)</title>
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                                        <year>2014</year>
                                        <holder>Victor Duruy</holder>
                                    </copyright>
                                </info>
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                </figure>
                <orderedlist>
                    <listitem>
                        <para>Prairie fleurie : Ciboulette, Primevère, Euphorbe, Bleuets, </para>
                    </listitem>
                    <listitem>
                        <para>Carré des "6ème" : Iris, Fraisiers</para>
                    </listitem>
                    <listitem>
                        <para>Carré des "6ème" : Fraisiers, Topinambours </para>
                    </listitem>
                    <listitem>
                        <para>Carré des légumes anciens : Panais, Livêche</para>
                    </listitem>
                    <listitem>
                        <para>Carré des petits fruits : Framboisier, Groseillier, Cassis</para>
                    </listitem>
                    <listitem>
                        <para>Carré des légumes feuilles : Poirée, Chénopode</para>
                    </listitem>
                    <listitem>
                        <para>Lin Carré des plantes textiles et tinctoriales : Ortie, Genêt des teinturiers, Pastel, Garance,
                     Indigotier</para>
                    </listitem>
                    <listitem>
                        <para>Carré des plantes arômatiques : Romarin, Mélisse, Thym, Ciboule, Sarriette, Lavande, Menthe, Ail des Ours,
                     Oseille</para>
                    </listitem>
                    <listitem>
                        <para>Carré des plantes médicinales : Tanaisie, Pimprenelle, Hysope, Absinthe, Cataire</para>
                    </listitem>
                    <listitem>
                        <para>Arnica, Angélique, Anis </para>
                    </listitem>
                </orderedlist>
                <para> Quelques activités en images dans notre jardin. </para>
                <figure>
                    <title> Desherbage manuel </title>
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                                        <year>2016</year>
                                        <holder>Victor Duruy</holder>
                                    </copyright>
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                                    <copyright>
                                        <year>2016</year>
                                        <holder>Victor Duruy</holder>
                                    </copyright>
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                    <title> Tous au jardin : vue du 1er étage</title>
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                                    <copyright>
                                        <year>2016</year>
                                        <holder>Victor Duruy</holder>
                                    </copyright>
                                </info>
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                </figure>
            </sect2>
            <sect2>
                <title> Remerciements</title>
                <para>Remerciements aux élèves de l'option Méthodes et Pratiques Scientifiques qui ont rédigé et illustré cette partie
               sciences au jardin médiéval (2de 1 ): Andréa Amprou, Amaury Beuzelin, Arthur Breen, Arthur Burlinchon, Salomé
               Choukroun, Thibaud Deléon, Raphaél Fizycki, Celine Goncalves, Sirine Gougam, Elina Grigorian, Nathan Levy-Arditti,
               Emilia M'Bako Mam, Livia Maskos, Thérèse Rabotin, Aimée Roland Gosselin, Stanislas Sellier pour la réalisation de
               toutes ces productions .</para>
            </sect2>
        </sect1>
    </article>
    <article>
        <info>
            <title>Histoire du jardin médiéval</title>
            <author>
                <orgname>Lycée Victor Duruy</orgname>
                <address>
                    <city>Paris</city>
                    <street>33, Bd des Invalides</street>
                    <postcode>75007</postcode>
                    <country>Paris</country>
                </address>
                <email>cdi.victorduruy@laposte.net</email>
            </author>
            <abstract>
                <para> Les activités proposées aux élèves se sont intégrées dans le programme de <emphasis role="italic">Littérature
                  et Société : </emphasis>le thème principal retenu <emphasis role="italic">Regards sur l'autre et
                  l'ailleurs</emphasis> a orienté toute notre démarche. Le projet de publication finale, sur un support numérique,
               a permis de traiter plus brièvement le thème de <emphasis role="italic">l'aventure du livre, </emphasis>notamment
               grâce à la visite conférence et à l'atelier de la Bibliothèque de l'Arsenal sur le livre médiéval (formes,
               supports, organisation textuelle).</para>
                <para>Le parcours historique et culturel autour du thème du jardin a permis d'envisager, sur le rapport entre
                  <emphasis role="italic">nature</emphasis> et <emphasis role="italic">culture, </emphasis>un point de vue
               radicalement différent du regard moderne et de questionner l'organisation de l'espace aux multiples facettes qu'est
               le jardin.</para>
                <para>Par groupe de deux à quatre, les élèves se sont emparés des aspects qui ont émergé de nos étonnements : origine
               du jardin et jardin des origines, jardin sacré et jardin profane, jardin nourricier et jardin merveilleux... Deux
               groupes ont par ailleurs élargi la démarche en s'interrogeant sur les aspects des goûts culinaires et sur le rite
               du festin médiéval.</para>
            </abstract>
        </info>
        <sect1>
            <title>Aux origines des jardins médiévaux</title>
            <sect2>
                <title> Qu'est-ce qu’un jardin ?</title>
                <para>Le terme persan<emphasis> pariri-daeza</emphasis> s'est transmis, dans la mythologie judéo-chrétienne, sous le
               nom de «paradis», puis de jardin d’Éden qui signifie en premier lieu «espace fermé». Plus tard, le terme « jardin»
               est attesté au XIIe siècle, rattaché au composé latino-germanique <emphasis>hortus gardinus</emphasis>, qui se
               traduit littéralement par «jardin entouré d'une clôture» : du latin "hortus", jardin et du francique «gart ou
               gardo», clôture. Le jardin est un terrain, clos ou ouvert selon les époques et les civilisations, où l'on cultive
               des légumes, des fruits, des arbres et des arbustes fruitiers. Il est agrémenté dans un souci esthétique
               d’ornements divers et peut être souvent aménagé de parterres, de bosquets, de plans d'eau et de tonnelles qui
               permettent la promenade, le repos, la rêverie.</para>
                <para>Cette étymologie suggère que le jardin se doit d'être clos pour être protégé de l'extérieur et bien entretenu à
               l'intérieur. C'est à l'aide de cette définition qui s'adaptera au fil des millénaires que nous allons aborder un
               cas particulier : le jardin médiéval.</para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Le modèle idéal :</title>
                <para>Le premier jardin connu du monde est cité dans la Bible, et, n'avait d'autre créateur que Dieu-lui même. C’est
               dans ce lieu mythique que sont engendrés les deux premiers jardiniers Adam et Eve, issus du Créateur. C’est dans le
                  <emphasis>Jardin des Délices</emphasis> que Hieronymus Bosch (v.1453-v1516), en 1504, a peint ce lieu en tant
               que Paradis terrestre.</para>
                <para>C'est un triptyque en trois volets : sur le volet gauche, le Paradis, souligné par les nuances tendres et
               claires du vert, du bleu, du jaune et de l’ocre ; et, sur le volet droit, l’Enfer musical, maintenu dans les
               couleurs sombres et froides, du noir bleuté ou du gris. Sur le panneau central, une véritable explosion de couleurs
               rehausse l’illustration prodigieuse d'un paradis artificiel où tout renvoie à une tentative de retour à l’Éden
               idéal. Maints détails, comme les fruits et les oiseaux, sont d’une taille disproportionnée, comme pour souligner
               que cette situation n’est pas naturelle et résulte du péché. Dans un vaste paysage lumineux, Jérôme (Hieronymus)
               Bosch organise la scène centrale en allusions qui font passer l’humanité, jugée par la Balance, du Paradis à
               l’Enfer. </para>
                <figure>
                    <title> Jérôme BOSCH Le Jardin des Délices</title>
                    <mediaobject>
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                                <info>
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                                        <simpara>Cette illustration est mise à disposition par <link xlink:href="https://www.museodelprado.es/coleccion/obra-de-arte/el-jardin-de-las-delicias/02340242-6d6a-4e9e-a992-e1311eab3609">Museo del Prado</link>
                                        </simpara>
                                    </legalnotice>
                                    <copyright>
                                        <year>2016</year>
                                        <holder>Galería online, Museo del Prado.</holder>
                                    </copyright>
                                </info>
                            </imagedata>
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                        <caption>
                            <para>Jérôme BOSCH Le Jardin des Délices ,1503, huile sur bois, 220 x 389 cm, Musée du Prado, Madrid</para>
                        </caption>
                    </mediaobject>
                </figure>
                <para>Le thème du jardin n'a pas seulement inspiré les peintres, mais il a également suggéré des images et des rêves
               aux écrivains et aux poètes du Moyen-Age. Univers clos, le jardin est une Terre promise, mélangeant beauté et
               sérénité et dans lequel ils peuvent se reposer et s'inspirer. Le premier à écrire sur le sujet est Venance
               Fortunat. Écrivain italien et prolixe, il fuit Trévise en Poitou vers 565 après J.C. devant l'invasion lombarde.
               Chapelain du monastère de Sainte Radegonde, il devient par la suite évêque de Poitiers. «Familier» (précepteur) de
               la dynastie mérovingienne, il compose un court poème, pour la veuve de Childebert Ier : « Le jardin de la reine
               Ultrogothe »; dont voici quelques extraits : </para>
                <para>
                    <emphasis> Ici l'éclatant printemps fait pousser un gazon verdoyant </emphasis>
                </para>
                <para>
                    <emphasis>Et répand les parfums des roses du paradis,</emphasis>
                </para>
                <para>
                    <emphasis> Ici les jeunes pampres offrent leur ombre protectrice aux ardeurs de l'été</emphasis>
                </para>
                <para>
                    <emphasis> Et abritent sous leurs frondaisons les ceps chargés de grappes.</emphasis>
                </para>
                <para>
                    <emphasis> Le jardin est émaillé de mille fleurs variées, </emphasis>
                </para>
                <para>
                    <emphasis>Les fruits y ont une éclatante blancheur ou un habit de pourpre.</emphasis>
                </para>
                <para>
                    <emphasis> L'été y est plus doux et la brise aux discrets murmures</emphasis>
                </para>
                <para>
                    <emphasis> Balance sans relâche les pommes suspendues à leur tige.</emphasis>
                </para>
                <para>Après une plongée dans les origines et les premières exploitations du jardin, il est temps maintenant d'examiner
               les multiples rôles de l'espace clos. Et, à travers un Moyen-Age riche en découvertes et en adaptations, nous
               pourrons admirer l'effervescence des jardins médiévaux.</para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Formes et symboles </title>
                <para>Pour certains, les jardins du Moyen-Age évoquent une certaine nostalgie du paradis perdu : le jardin d’Éden,
               dans sa représentation médiévale apparaît comme un espace sacré circulaire, le cercle révèle le divin, le céleste
               alors que le carré exprime le terrestre. Le carré s’intègre parfaitement dans la symbolique médiévale liée aux
               nombres, les quatre éléments, les quatre fleuves du paradis, les quatre évangiles, les quatre saisons ; le chiffre
               quatre ou le carré est le symbole de perfection au Moyen-Age ; il sert donc de base à la réalisation des
               jardins.</para>
                <figure>
                    <title> Jardin de Paradis</title>
                    <mediaobject>
                        <imageobject>
                            <imagedata fileref="https://media.tremplin.ens-lyon.fr/ressources/users/MarylineDornat/JardinMedieval/images/jardindeparadis.jpg" align="center" width="400"/>
                        </imageobject>
                        <caption>
                            <para>Maître du Paradiesgärtlein, peintre travaillant à Strasbourg dans le premier quart du XVe siècle, Le
                        Jardin de Paradis (Paradiesgärtlein), c. 1410-1420 Huile sur panneau de chêne, 26,3 x 33,4 cm, Francfort,
                        Städelsches Kunstinstitut</para>
                        </caption>
                    </mediaobject>
                </figure>
                <para>Dès le début du Moyen-Age, on retrouve l'<emphasis>Hortus conclusus </emphasis>qui est un jardin qui fait partie
               du château médiéval. Il doit être construit au pied des tours et des créneaux, pour des raisons de sécurité. Le
               plus souvent, il se trouve à l'intérieur de l'enceinte du domaine. S'il est à l'extérieur, il doit communiquer
               directement avec le château et être entouré de palissades ou d'un petit mur bas. Le jardin sera alors délimité par
               des haies décrivant une forme rectangulaire. Les clôtures, haies et palissades séparent le monde clos où règne Dieu
               du monde extérieur où il existe une vie instable dans laquelle l'Homme est en proie aux tentations et au mal. </para>
                <para>De plus, ces clôtures écartent du jardin les influences malfaisantes et empêchent les forces bénéfiques de s'en
               échapper. De ce fait-ci, on peut s'orienter vers cette idée de séparation, comme le représentent fréquemment les
               miniatures médiévales (voir illustration ci-dessus).</para>
                <para> Inspiré de l'<emphasis>hortus conclusus</emphasis>, ces jardins devaient surtout et avant tout être des jardins
               utilitaires, procurant nourriture, vêtements, plantes médicinales avant d’être lié aux plaisirs ; le Moyen-Age
               jugeait nécessaire de joindre l’utile à l’agréable. Durant la longue période qu’a duré le Moyen-Age, presque mille
               ans, les jardins ont profondément évolué de l’hortus castral, jardin du château, à l'<emphasis>hortus
                  deliciarum</emphasis>, jardin des délices, prélude aux jardins de la Renaissance. Les jardins médiévaux sont
               également le plus souvent d’origine monastique, chacun gardant des particularités spécifiques. </para>
                <para>- Le cas de l’hortus Castral </para>
                <para>Avant tout, il s’agit d’un lieu défensif où la moindre place est comptée. Le château féodal laisse peu d’espace
               pour le jardin. La priorité est donc donnée à l’hortulus, ou jardin potager, jardin fermé situé dans une des cours
               de la forteresse, et au jardin d'herbes utilisées quotidiennement dans la cuisine. Seuls quelques grands domaines
               disposant d’une place plus importante peuvent se permettre de posséder un herbularius où sont cultivées les plantes
               médicinales. Les cultures s’étendaient généralement au-delà des remparts avec les champs de céréales. </para>
                <para>- Quant à l’hortus Monastique ou <emphasis>hortus conclusus</emphasis>...</para>
                <para> Ce type de jardin fait partie intégrante de la vie spirituelle des moines. Tous les jardins monastiques
               d’Europe sont basés sur le fameux plan dit de « l’abbaye de Saint Gall », dessiné vers l’an 806 par Théodore de
               Trace. Pour la première fois, les différents types de jardins sont identifiés et répertoriés. Ils sont répartis en
               plusieurs endroits en fonction de la spécification et de la fonctionnalité des bâtiments : tout près du logis du
               moine médecin, l'<emphasis>herbularium</emphasis> ou jardin des simples et aussi proche de l’infirmerie. Il est
               constitué de rectangles bordés de planches où sont cultivées les plantes médicinales, aromatiques et
               condimentaires. Nous retrouvons dans ces jardins 49 plantes citées dans le «Capitulaire de Villis» (pommiers,
               poiriers, pruniers de plusieurs espèces, sorbiers et pêchers). Chaque ensemble de bâtiments comportait un cloître
               plus ou moins grand, mais toujours divisé en quatre parties avec un point central orné d’une fontaine, d’un puits,
               d’une statue ou d’un arbre, «arbre de vie» en mémoire de l’arbre sacré du paradis, arbre de la connaissance du bien
               et du mal. Une partie de ce jardin, l'<emphasis>Hortus</emphasis>, a été reconstituée, il y a quelques années sur
               les rives du lac de Constance à l’abbaye de Reichenau, en Allemagne. Dans cet Hortus, on trouve un ménagier ou
               potager, plus grand que l'<emphasis>herbularius</emphasis>, constitué de deux rangées de neuf plates-bandes
               rectangulaires où sont cultivés les légumes nécessaires à l’alimentation des moines et qui se trouve naturellement
               près des cuisines. Derrière l’église, le verger-cimetière où les tombes des moines sont alignées entre les arbres
               fruitiers.</para>
                <figure>
                    <title> Plan original de St Gall et Plan en couleur de celui-ci.</title>
                    <mediaobject>
                        <imageobject>
                            <imagedata fileref="https://media.tremplin.ens-lyon.fr/ressources/users/MarylineDornat/JardinMedieval/images/plansaintgall.jpg" align="center" width="300"/>
                        </imageobject>
                        <caption>
                            <para>Plan idéal de Saint Gall vers 820, Sankt Gallen, Stiftsbibliothek</para>
                        </caption>
                    </mediaobject>
                </figure>
                <para>Le plan de Saint Gall, dessiné sur cinq peaux de parchemins cousues est le plus grand manuscrit connu de cette
               époque, et mesure 1.12m sur 0.77 m. Il représente le modèle idéal qui servit de base à l’organisation de nombreux
               monastères bénédictins à travers l’Europe . Les arbres plantés à Saint Gall sont les mêmes que ceux qui sont
               préconisés dans le <emphasis>Capitulaire de Villis</emphasis>. Ce capitulaire a été édicté par Charlemagne dans le
               but d'enrichir ses domaines et de propager la culture de plantes nouvelles ; il contient une liste de plantes à
               cultiver : outre les plantes nourricières et les condiments, il mentionne trois plantes décoratives : le lis, la
               rose et l'iris. </para>
                <para> Le temps passe, les mentalités changent et évoluent sous l’influence des chevaliers revenus des croisades avec
               dans la tête le souvenir des fabuleux jardins d’Orient ornés de plantes aux couleurs chatoyantes et aux parfums
               envoûtants, ouverts sur la campagne environnante. Cela permettra la création de jardins plus grands, plus vastes,
               ayant très librement inspiré le «Roman de la Rose». </para>
                <para>L'<emphasis>hortus deliciarum</emphasis>, ou jardin des délices, est l'expression de l’amour de Dieu pour
               l’homme ; jardin du plaisir terrestre où fleurit l’amour courtois il offre une abondance de fleurs, il est propice
               à la promenade, au repos et à la lecture. L’évolution est perceptible : la clôture se fait plus fine, plus
               discrète, plus travaillée, la fontaine centrale paraît plus riche, plus raffinée, le jardin se pare de pergolas, de
               volières, de viviers, de pièces d’eau, et même d’automates, ouvrant ainsi la porte aux jardins de la Renaissance.
               Le verger planté d’arbres fruitiers d’essences variées et de fleurs devient lieu de promenade alliant l’utile et
               l’agréable, le beau et le bon, selon l'association platonicienne. </para>
                <para>A travers la quête du jardin médiéval, l'univers clos s'est ouvert à nous, et nous apparaît coloré et décoré,
               simple et strict. Ces différents jardins font faire perdurer les correspondances métaphoriques avec le végétal et
               l'idée d'un parcours signifiant. Ceux-ci prennent des valeurs magiques, mystiques, médicales, divinatoires parfois
               surnaturelles, héritées de la période médiévale. Il est clair que l'<emphasis>Hortus Deliciarum</emphasis> annonce
               les jardins de la Renaissance.</para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Notes et références</title>
                <para>
                    <uri>http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/jardin/44738 </uri>
                </para>
                <para>En utilisant cette définition de Larousse, à la différence de l'habituelle encyclopédie Wikipédia, j'ai ainsi pu
               avoir une source sûre mais également une définition complète; que j'ai après transformée pour la compréhension de
               tous, en une définition plus simple encore. </para>
                <para>
                    <uri>http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pharm_0035-2349_2000_num_40_327_5121 </uri>
                </para>
                <para>Livre dont le sujet est, «Jardin monastique, Jardin mystique», et est trop large. L'auteur est un historien et
               scientifique, Bernard Beck. Intéressé par la botanique, il a écrit une revue sur la pharmacie. Nous ne prendrons
               seulement que la partie sur: «le verger ou pomarius», qui possède un plan détaillé du jardin De Saint-Gall mais
               également, le poème de Venance Fortunat ; qui fut le premier à parler des jardins dans une illustration écrite. </para>
                <para>
                    <link xlink:href="http://secretsdejardins.e-monsite.com/pages/jardins/jardins-medievaux-1ere-partie.html">http://secretsdejardins.e-monsite.com/pages/jardins/jardins-medievaux-1ere-partie.html </link>
                </para>
                <para>C'est à partir de ce site que j'ai pu faire ma grande partie sur les jardins ; tous les descriptifs et
               informations sur les divers types de jardins. </para>
                <para>
                    <link xlink:href="http://www.aparences.net/periodes/la-renaissance-nordique/jerome-bosch/">http://www.aparences.net/periodes/la-renaissance-nordique/jerome-bosch/ </link>
                </para>
                <para>Ce site a été une aide pour la description du triptyque de Bosch, et une source intéressante et passionnante
               dessus. Une analyse dont je me suis inspirée afin de pouvoir faire la mienne, par la suite, de cette illustration.
            </para>
            </sect2>
        </sect1>
        <sect1>
            <title>Le jardin mystique</title>
            <para>Le jardin mystique se rattache au premier des jardins, celui d’Éden. La tradition le situe en Mésopotamie. Avant la
            chute, l’Éden était un lieu de paix et de plaisir, de fécondité et de fragrances, enchanté par la musique de l'eau et
            des rires. Depuis les premiers royaumes d'Assyrie, les hommes ont toujours tenté de recréer ce « Paradis mystique ».
            C'est cette recréation dans l'univers chrétien du Moyen-Age que nous allons étudier.</para>
            <sect2>
                <title>Les origines spirituelles du « jardin mystique » occidental</title>
                <sect3>
                    <title>le jardin d’Éden</title>
                    <para>L'étymologie du mot « Éden » provient de l’hébreu et signifie <emphasis>délices</emphasis>. En disant «jardin
                  d’Éden», on revient à dire jardin des délices, expression conservée au Moyen-Age pour désigner ce paradis perdu'
                  ou celui qui se gagne. Selon La Genèse (2,4-15, <emphasis>Bible de Jérusalem</emphasis> : </para>
                    <para>«<emphasis>Yahvé Dieu planta un jardin en Eden, à l'Orient, et Il y mit l'homme qu'il avait modelé. Yahvé
                     Dieu fit pousser du sol toutes espèces d'arbres séduisants à voir et bons à manger, et l'arbre de vie au
                     milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Un fleuve sortait d'Eden pour arroser le
                     jardin et de là il se divisait pour former quatre bras. Le premier s'appelle le Pishôn : il contourne tout le
                     pays de Havila, où il y a l'or ; l'or de ce pays est pur et là se trouve le bdellium et la pierre de
                     cornaline. Le deuxième fleuve s'appelle le Gihôn : il contourne tout le pays de Kush. Le troisième s'appelle
                     le Tigre : il coule à l'orient d'Assur. Le quatrième fleuve est l'Euphrate. Yahvé Dieu prit l'homme et
                     l'établit dans le jardin d'Eden pour le cultiver et le garder.</emphasis>» </para>
                    <para>Sa localisation a alimenté beaucoup de suppositions et de rêveries au cours du Moyen-Âge, et l’on raconte
                  comment de nombreuses personnes partaient à la recherche de ce jardin perdu, parfois encore appelé le « royaume
                  du prêtre Jean ». Le nom des fleuves, tantôt réels tantôt imaginaires a aussi beaucoup contribué à ces
                  spéculations.</para>
                    <figure>
                        <title>Carte du premier âge ou situation du paradis terrestre selon les divers autheurs / Desbruslins
                     sc.</title>
                        <mediaobject>
                            <imageobject>
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                            </imageobject>
                            <caption>
                                <para> Collection d'Anville ; 10379 Bibliothèque nationale de France </para>
                            </caption>
                        </mediaobject>
                    </figure>
                    <para>Grâce à la référence, on peut comprendre la géographie du futur jardin mystique : la fontaine, souvent en
                  matériaux précieux dans les représentations, symbolise la source puis sa division en fleuves. Les quatre fleuves
                  sont symboliquement repris par un schéma qui partage le jardin en deux allées formant une croix au centre de
                  laquelle se situe la fontaine. Par la suite, les textes sacrés évoquent la Chute (<emphasis>Genèse </emphasis>:
                  3,6-7 et 23-24 ibidem) :</para>
                    <para>
                        <citation>
                            <emphasis role="bold">«</emphasis>
                            <emphasis>
                                <emphasis role="bold">La femme vit que l'arbre était bon à manger et séduisant à voir, et qu'il était, cet
                           arbre, désirable pour acquérir le discernement. Elle prit de son fruit mangea. Elle en donna aussi a
                           son mari qui était avec elle et il mangea alors leurs yeux à tout deux s'ouvrirent et ils connurent
                           qu'ils étaient nus. [...] [Dieu] bannit l'homme et il posta devant le jardin d'Eden les chérubins et la
                           flamme du glaive fulgurant pour garder le chemin de l'arbre de vie.»</emphasis>
                            </emphasis>
                        </citation>
                    </para>
                    <para> C'est à partir de ce passage que l'imaginaire chrétien construisit l'idée de la clôture de l'Eden : le
                  jardin mystique sera aussi enclos.</para>
                    <figure>
                        <title>Adam et Eve au jardin d'Eden </title>
                        <mediaobject>
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                            </imageobject>
                            <caption>
                                <para>Hours of Catherine of Cleves, in Latin, Illuminated by the Master of Catherine of Cleves, Utrecht,
                           The Netherlands, c. 1440, Loc. Morgan Library Museum, New York, MS M.917. </para>
                            </caption>
                        </mediaobject>
                    </figure>
                </sect3>
                <sect3>
                    <title>Le <emphasis>Cantique des cantiques</emphasis>
                    </title>
                    <para> La deuxième source d'inspiration du jardin mystique est le texte du <emphasis>Cantique des
                     cantiques</emphasis>. </para>
                    <para>D'après A. Robert, in <emphasis>la Bible de Jérusalem, </emphasis>«le <emphasis>Cantique des
                     cantiques</emphasis> est comme le saint des saints de la Bible, lieu d'adoration chéri entre tous par les
                  plus grands mystiques. […] chef-d’illustration de poésie érotique, il proclame la sainteté du désir : autant un
                  désir religieux qu'une religion du désir, qui en Dieu va de joie en espoir et de commencement en commencement,
                  sans fin. […] de même qu'en l'amour s'éprouve une part d'éternité, de même à la fin des temps, quand Adam et Eve
                  jouiront du Paradis à venir, et quand il ne sera plus question ni d'homme, ni de femme, l'humanité amoureuse de
                  Dieu lui sera si semblable et si intime qu'elle même deviendra divine. » </para>
                    <para>Ce texte fonde un chemin pour le retour en Eden par le moyen d'un amour plus terrestre qui sera courtois : la
                  Dame devient un symbole de la Vierge dont le culte se développe à partir du XII ème siècle. Le jardin clos se
                  charge de symboles de plus en plus forts. Ainsi parle le <emphasis>Cantique des cantiques</emphasis> (4, 7- 5,2)
                  : </para>
                    <para>«<emphasis>Tu es un jardin fermé, ma sœur, ma fiancée, </emphasis>
                    </para>
                    <para>
                        <emphasis>Une source fermée, une fontaine scellée. </emphasis>
                    </para>
                    <para>
                        <emphasis>Tes jets forment un jardin, où sont des grenadiers, </emphasis>
                    </para>
                    <para>
                        <emphasis>Avec les fruits les plus excellents, Les troènes avec le nard ; » […] </emphasis>
                    </para>
                    <para>
                        <emphasis>Une fontaine des jardins, </emphasis>
                    </para>
                    <para>
                        <emphasis>Un jardin d'eaux vives, des ruisseaux du Liban. </emphasis>
                    </para>
                    <para>
                        <emphasis>Lève-toi, aquilon ! Viens, autan ! </emphasis>
                    </para>
                    <para>
                        <emphasis>Soufflez sur mon jardin, et que les parfums s'en exhalent ! </emphasis>
                    </para>
                    <para>
                        <emphasis>- Que mon bien-aimée entre dans son jardin, </emphasis>
                    </para>
                    <para>
                        <emphasis>Et qu'il mange de ses fruits excellents ! </emphasis>
                    </para>
                    <para>
                        <emphasis>J'entre dans mon jardin, ma sœur, ma fiancée</emphasis>. </para>
                    <para>
                        <emphasis>Je cueille ma myrrhe avec mes aromates, </emphasis>
                    </para>
                    <para>
                        <emphasis>Je mange mon rayon de miel avec mon miel, </emphasis>
                    </para>
                    <para>
                        <emphasis>Je bois mon vin avec mon lait... </emphasis>
                    </para>
                    <para>
                        <emphasis>- Mangez, amis, buvez, enivrez-vous d'amour ! » </emphasis>
                    </para>
                    <para>La bien-aimée invite son amour à entrer dans son jardin pour manger de ses fruits exquis. Il y vient pour
                  recueillir sa myrrhe avec ses aromates, manger son miel et boire son vin. Ce jardin, comme le vignoble, le
                  verger ou le champ, symbolise le corps, plus précisément, la sensualité. Entrer dans ce paradis amoureux, dans
                  lequel sentir ces fragrances et savourer ces délices symbolisent le désir et le plaisir, c’est se souvenir de
                  l'Eden délicieux. Cueillir ses fruits, c’est jouir d'une présence divine, c'est embrasser une pensée qui
                  s'incarne et que l'on savoure sans « chuter ». </para>
                    <para>Le <emphasis>Cantique des cantiques</emphasis> permet aussi de comprendre l'organisation « botanique » du
                  jardin mystique : par ses références orientales, il valorise des plantes pas toujours endémiques sous nos
                  latitudes mais qui figureront toujours dans les images du Moyen-Age. Ces plantes seront souvent acclimatées dans
                  les jardins des monastères.</para>
                </sect3>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>L'interprétation médiévale</title>
                <sect3>
                    <title>Dans les monastères : le jardin de Marie et le « paradis ».</title>
                    <para> Le jardin mystique devient au Moyen-Age une allégorie de l'Eglise, présidée par la Vierge. Dans ces jardins
                  de l’innocence, les "jardins de Marie", les fleurs étaient elles-mêmes des symboles. On connaît ces jardins
                  imaginaires par leurs descriptions dans la littérature médiévale. Le jardin enchanté, dans <emphasis>Erec et
                     Enide</emphasis> de Chrétien de Troyes, est un paradis de fruits et de fleurs immortelles... </para>
                    <para>Dans le <emphasis>Roman de la Rose</emphasis>, un guide de l'art d'aimer, de l'amour courtois, commencé en
                  1220 par Guillaume de Lorris et complété ensuite par Jean de Meung, nous est présenté un jardin mélange
                  d'imagination et de réalité. </para>
                    <para>Le monastère, isolé des tentations du monde, enveloppé de silence, est l'image par excellence du paradis. Les
                  moines y cultivent les vertus, s'abreuvent à la fontaine des Écritures, y butinent comme des abeilles les fleurs
                  et les fruits des vertus afin d'assimiler le nectar et le miel de la parole de Dieu. Et la sainteté exhale les
                  plus délicieux parfums. Au centre du monastère, le cloître est la première image de ce jardin mystique ou
                     <emphasis>hortus conclusus.</emphasis> Il concrétise l'une des aspirations profondes de la vie monastique :
                  se retirer du monde, échapper à ses déceptions et à ses souillures, s'enfermer dans la claustration exigée par
                  la règle. À la fin du XIIIe siècle, le théologien Guillaume Durand, évêque de Mende, en a dévoilé la symbolique
                  profonde dans son <emphasis>Rationale Divinorum Officiorum</emphasis> : </para>
                    <para>«<emphasis>Le cloître représente la contemplation dans laquelle l'âme se replie sur elle-même et où elle se
                     cache après s'être séparée de la foule des pensées charnelles et où elle médite les seuls biens célestes.
                     Dans ce cloître il y a quatre murailles qui sont : le mépris de soi-même, le mépris du monde, l'amour du
                     prochain et l'amour de Dieu. Chaque côté a sa rangée de colonnes. La base de toutes les colonnes est la
                     patience. »</emphasis>
                    </para>
                    <figure>
                        <title>Jardin de paradis</title>
                        <mediaobject>
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                                <imagedata fileref="https://media.tremplin.ens-lyon.fr/ressources/users/MarylineDornat/JardinMedieval/images/peinturejardinmarie.jpg" width="300" align="center"/>
                            </imageobject>
                            <caption>
                                <para> Maître du Haut Rhin Städel Museum de Francfort-sur-le-Main </para>
                            </caption>
                        </mediaobject>
                    </figure>
                </sect3>
                <sect3>
                    <title>Le jardin mystique</title>
                    <para>Le jardin mystique (l’<emphasis>hortus conclusus</emphasis>) est directement inspiré des jardins bibliques.
                  C’est un jardin de rêve, jardin secret, porteur d’un puissant symbolisme religieux inspiré par la description de
                  l’Épouse, la Bien-Aimée du <emphasis>Cantique des cantiques</emphasis>. Les représentations de ce jardin vont
                  reprendre la combinaison d'arbres et de plantes bordant les murs et poussant dans le gazon pour mettre en
                  évidence une tradition bien différente de celle des plantations limitées à de petits enclos géométriques bordés
                  d'allées. On y voit la Vierge Marie entourée d'anges, de saints et d'un concert d'oiseaux. S'y trouvent aussi de
                  nombreuses espèces de fleurs telles que le muguet, les iris, les primevères .... La porte est gardée et les
                  entrées sont surveillées. Les personnes y entrant cherchent un idéal.</para>
                    <para>Il exprime l’essence de la Vierge et résume ses beautés et ses perfections. Dans ces jardins présidés par la
                  Vierge, les fleurs étaient elles-mêmes des symboles : la rose devenue au Moyen-Age la fleur de la Vierge, le lys
                  symbole de la chasteté et la violette, celui de l’humilité. Ainsi, les symboles chrétiens se métamorphosent en
                  figures allégoriques du plaisir. </para>
                    <para>L'exemple ci-dessus, représente un jardin mystique traditionnel. Ce jardin est fermé ; à l'intérieur, peu de
                  personnes. On peut voir que la porte est gardée. Sur les murs extérieurs sont peintes les figures de la Haine,
                  de la Félonie, de la Convoitise, de l'Avarice, de l'Envie, de la Tristesse, de la Vieillesse, de l'Hypocrisie et
                  de la Pauvreté qui n'ont aucun droit dans ce monde de la courtoisie. La porte y est étroite et presque dérobée
                  et semble ainsi un symbole de l'inaccessibilité de la Dame. Ce jardin est agrémenté de fleurs et d’arbres, où
                  les amants pouvaient cacher leur amour. Au milieu de ce jardin, on trouvait un puits ou une fontaine, l’eau
                  jaillissante et pure s’opposant aux eaux dormantes du péché.</para>
                    <para>Au fils des siècles, le jardin mystique a toujours alimenté les légendes de la sensualité, du paradis et du
                  plaisir. Chagall s'inspirera du jardin mystique pour représenter les amants dans leur propre paradis. </para>
                </sect3>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Bibliographie</title>
                <para>
                    <emphasis role="underline">Tous les jardins du monde</emphasis> Gabrielle van Zuylen, Découvertes Gallimard art de
               vivre. 1994. </para>
                <para>
                    <emphasis>Bible de Jérusalem</emphasis> Mame-Cerf, 2009 </para>
            </sect2>
        </sect1>
        <sect1>
            <title>Les ornements du jardin médiéval</title>
            <para> La structure du jardin médiéval s'inspire du premier des jardins, le Jardin d'Eden dans lequel se trouvaient Adam
            et Eve (Genèse 2,8 à 15 <emphasis>Bible de Jérusalem</emphasis> : structure marquée par les quatre fleuves).
            Originellement lieu de plaisir dans l’immanence de la contemplation divine, il ne peut se reconquérir que par le
            travail après qu'Adam et Eve eurent été expulsés et condamnés à gagner leur pain “à la sueur de leur front”. Le jardin
            médiéval est donc marqué par une dualité : ayant pour but d'être un lieu d'agrément, sa composition doit permettre de
            faire oublier le travail qui s'y déroule, afin qu'il rappelle le paradis perdu. Les ornements doivent permettre un
            confort à la fois visuel et pratique.</para>
            <para> Le rappel de ses origines se dénote tout d'abord par sa clôture : non mentionnée dans le texte biblique, sa
            présence surgit lors de la Chute à l'évocation de sa porte gardée par un ange (Genèse 3,24 <emphasis>Bible de
               Jérusalem</emphasis> : « Il bannit l'homme et Il posta devant le jardin d'Eden les chérubins et la flamme du glaive
            fulgurant pour garder le chemin de l'arbre de vie »).</para>
            <para>Par ailleurs, la longueur de la période médiévale et ses soubresauts historiques (notamment le contexte de conflits
            et d'invasions) ne permettent pas de déterminer un modèle unique de jardin médiéval ; nous nous concentrerons sur les
            informations suggérées par les illustrations du XIIIème siècle à l'aube du XIVème siècle pour rendre compte de
            l'organisation de ce jardin.</para>
            <para>Enfin, il conviendra de distinguer selon les classifications même de Pierre de Crescens les "jardins princiers" des
            autres : ils marqueront la transition du jardin au parc, espace qui prendra son essor à la Renaissance. </para>
            <sect2>
                <title>Une clôture symbolique</title>
                <para>Il s’agit de la première des caractéristiques du jardin médiéval : fonctionnelle puisqu’il s’agit de protéger
               l’espace de toutes sortes d’invasions (militaires, divagations du bétail ou incursions des animaux sauvages), la
               clôture est aussi hautement symbolique.</para>
                <para>A l’intérieur même du monastère, où se sont repliées les premières expériences médiévales dans l'art horticole,
               elle délimite un espace fermé, qui reprend l'évocation biblique mais se conforme aussi aux caractéristiques du
               jardin antique tel que décrit par exemple au chant VII de l'<emphasis>Odyssée</emphasis> (jardin d'Alcinoos). Un
               jardin est donc à l'époque médiévale clos. </para>
                <para>Cette clôture sert aussi à repousser les vilains et les gueux du jardin, et a donc un rôle social : seules les
               demeures seigneuriales deviennent le deuxième espace pour le développement du jardin. </para>
                <para>La clôture s'inspirant du jardin d'Eden représentera la limite entre la terre et le royaume de Dieu, symbolisant
               ainsi la distance entre le sauvage et le civilisé, entre le monde extérieur et le foyer. Les moines donnent un sens
               spirituel à leurs jardins : la clôture marque l'isolement face au monde, l'abri contre les tentations et le jardin
               rappelle donc le jardin d'Éden. Le jardin est fermé par un cloître constitué de quatre murailles représentant le
               mépris de soi-même, le mépris du monde, l'amour de son prochain et l'amour de Dieu. Le cloître est donc la
               concrétisation de la vie monastique, c'est-à-dire la marque de la volonté de se retirer du monde pour s'enfermer
               dans une vie sainte régie par la règle. </para>
                <para>Au XIIème siècle, lorque se développe la littérature courtoise, le jardin va devenir une sorte de métaphore de
               la Dame : il est clos, farouchement gardé par le mari jaloux, comme l'ange avec une épée de feu devant le jardin
               d'Éden, et y pénétrer signifie alors posséder la Dame. Dans une illustration du <emphasis role="italic"> Roman de
                  La Rose </emphasis>, on peut voir la Dame faire entrer son compagnon dans son jardin fermé à clef, afin de
               pouvoir prendre du plaisir avec elle au cours de conversations ou en faisant de la musique comme les autres couples
               présents...</para>
                <para>
                    <figure>
                        <title>Roman de la rose</title>
                        <mediaobject>
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                                <imagedata align="center" fileref="https://media.tremplin.ens-lyon.fr/ressources/users/MarylineDornat/JardinMedieval/images/romandelarose.jpg"/>
                            </imageobject>
                            <caption>
                                <para>Guillaume de Lorris et Jean de Meung, Le roman de la Rose – manuscrit d’Engelbert de Nassau, fin XVe
                           siècle, British Library Harley MS 4425, f.12v. détail.</para>
                            </caption>
                        </mediaobject>
                    </figure>
                </para>
                <para>La symbolique se retrouvera dans les matériaux choisis pour réaliser la clôture : haie vive, haie sèche ou
               mur.</para>
                <para>La haie vive est la plus fréquente dans le monde rural, et est constituée d'arbres, forestiers ou fruitiers, et
               de végétaux vivaces comme des arbustes ou des plantes buissonnantes. Elle sert de porte-greffe et fournit du petit
               bois utile pour le chauffage et la cuisson.</para>
                <para>La haie sèche est constituée de branches coupées et entrelacées autour de piquets ou d'échalas espacés. Les
               épines noires et blanches se révèlent précieuses car leurs branches coupées restent bien solides. Elle est plus ou
               moins élégante ou rustique selon la position sociale du propriétaire.</para>
                <para>Le mur est fait de plâtre et de pierres. Sa constitution dépend des matériaux disponibles localement ainsi que
               du niveaux d'aisance du propriétaire. Plus qu'une haie, il est signe de puissance sociale car il est plus onéreux à
               édifier et apporte en premier lieu moins à l'économie domestique, mais il peut servir de support d'espaliers et il
               peut mieux couper le vent. En retenant la chaleur du soleil et en faisant obstacle au vent, le mur crée un abri
               profitable aux cultures.</para>
                <para>A mesure que la période se stabilise (règne des Carolingiens), le jardin voit son intérêt s'étendre au monde
               paysan : les cultures étant libres dans le jardin, et échappant à l'impôt de la dîme, la clôture renforce le
               sentiment de propriété lié au jardin, qui se développe dans la notion de <emphasis role="italic">mesnie
               </emphasis>: habitation, cour et jardin attenant.</para>
                <para>Un jardin modeste ne comporte pas vraiment d'espaces de loisir, sa surface est variable, selon la richesse du
               paysan. Mais surtout le jardin s'agrandit alors de la nature environnante où la cueillette des herbes sauvages est
               possible, cueillette indispensable pour compenser les <emphasis>alea</emphasis> météorologiques : lorsqu'une salade
               ou une herbe à porée n'arrive pas à pousser dans le jardin, on trouve toujours en remplacement de l'ache, du
               plantain ou du pissenlit. </para>
                <para>Il est de forme carrée et constitué d'arbres et de plantes : les arbres ne doivent pas être trop touffus et pas
               trop nombreux afin que l'on ne manque pas d'air. On y plante des herbes médicinales, diverses et de fine odeur, et
               s'il est assez grand, des herbes aromatiques.</para>
                <para>Ce jardin jouera alors un rôle capital dans l'économie vivrière du monde paysan et se confirmera dans les
               siècles suivants.</para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>L'organisation du jardin médiéval</title>
                <sect3>
                    <title>la disposition spatiale</title>
                    <para>Le carré sert de plan de base à la réalisation des jardins car le chiffre quatre rappelle les quatre fleuves
                  du jardin d'Éden : <emphasis role="italic">le Tigre, l'Euphrate, le Gîhôn et le Pishôn</emphasis> ... Le jardin
                  médiéval est ainsi consitué autour de quatre allées formant une croix, notamment dans l'espace délimité par le
                  cloître.</para>
                    <para>Selon le modèle du plan idéal du monastère de Saint Gall, figure un jardin potager, situé à côté des
                  cuisines. Il comportait neuf carrés, neuf comme trois fois trois. Le nombre de carrés se référait à la
                  symbolique chrétienne, neuf étant un multiple du chiffre trois représentant la Sainte Trinité. Ces carrés
                  étaient parfois réunis autour d'un puits ou d'une fontaine et on retrouvait le symbole de la croix formé par
                  deux allées principales. </para>
                </sect3>
                <sect3>
                    <title> Les différents ornements du jardin</title>
                    <sect4>
                        <title>Les Fontaines</title>
                        <para>Le centre des jardins est le plus souvent occupé par une fontaine ou un bassin de forme octogonale. L'eau
                     était un élément essentiel du jardin de plaisance pour le son et la fraîcheur ainsi que pour la symbolique de
                     la fontaine de jouvence qui s'y rattache. D'un petit bassin carré sort un canal protégé par des bordures ; un
                     anneau scellé dans la pierre de la fontaine retient, au bout d’une chaîne, une louche de métal pour puiser
                     l’eau. Elle est un élément de luxe du jardin : en pierre ou dinanderie, les fontaines sont petites,
                     précieuses, plus proches du mobilier que de l’architecture, parfois ornées de sculptures de têtes de lion ou
                     autres animaux, ou de personnages.</para>
                    </sect4>
                    <sect4>
                        <title>Les berceaux de verdure</title>
                        <para>Les berceaux de verdure forment souvent les seuls éléments architecturés des jardins : ils procurent ombre
                     et fraîcheur, associés au plaisir du parfum des plantes grimpantes que l’on y attache : vigne, roses,
                     chèvrefeuille, houblon…; la fabrication de la structure, en branchages ou en osier, se fait en hiver. Au
                     cours des siècles, le berceau va s’amplifier et devenir lieu de déambulation, de promenade ; on voit alors
                     apparaître la notion d’allée couverte.</para>
                    </sect4>
                    <sect4>
                        <title> Les plessis</title>
                        <para>Les plessis délimitent les espaces au sein du jardin : le « préau », endroit où l’on demeure assis, ou les
                     carrés plantés. L'usage des plessis se développe à la fin du Moyen-Age, pour devenir une constante à la
                     Renaissance ; les plus anciens semblent avoir surtout servi à protéger les plantes fragiles : ils sont
                     réalisés en branchages tressés, vifs ou morts, selon une technique qui ne varie guère, et que l’on trouve
                     d’ailleurs encore aujourd’hui dans les campagnes. Le préau est également délimité par des banquettes de
                     gazon, des structures de bois ou de pierres dans lesquelles on trouve du gazon ou des fleurs, qui sont
                     adossées contre les murs et sur lesquelles on peut s'asseoir.</para>
                    </sect4>
                </sect3>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Les jardins modestes et princiers</title>
                <para>Considéré comme un des premiers agronomes, Pierre de Crescens entreprend au tout début du XIVème siècle la
               rédaction d'un ouvrage en douze livres sur <emphasis>l'Agriculture pratiquée par les Anciens et délaissée par les
                  modernes </emphasis> ; le huitème de ces livres est entièrement consacré aux jardins. L'auteur commence son
               propos en distinguant trois types de jardins selon l'espace qui lui est dévolu, en fonction aussi de la richesse et
               des moyens du propriétaire.</para>
                <itemizedlist>
                    <listitem>
                        <para>le « jardin aux petites herbes » est calqué sur le jardin monastique et se concentre sur les herbes
                     aromatiques.</para>
                    </listitem>
                    <listitem>
                        <para>le jardin pour "classes moyennes" (le <emphasis role="italic">pomarium</emphasis>) ressemble à un pré
                     enclos, planté d'arbres fruitiers et parfois orné d'éléments architecturés.</para>
                    </listitem>
                    <listitem>
                        <para>Le jardin seigneurial ou princier est un vaste domaine de villégiature, ceint de hauts murs, orné de
                     pièces d'eau et de nombreux éléments architecturés parfois éphémères. Il est construit sur un endroit plat,
                     non marécageux, ouvert au souffle des bons vents. Il fait au moins <emphasis role="italic">20
                        journaux</emphasis>, unité exprimant la surface labourée par un homme en une journée. On y met de grandes
                     cages à oiseaux, et de grandes rangées d'arbres allant jusqu'au bois.</para>
                    </listitem>
                </itemizedlist>
                <para>Un des exemples les plus prestigieux de jardin princier médiéval est celui de Hesdin créé par Robert II d'Artois
               à la fin du XIIIe siècle : il combinait les agréments du parc et du jardin , et dans lequel on pouvait trouver un
               paradis et un vivier destinés au comte et à sa famille ; au nord, s'étendait un parc destiné à la chasse , dans
               lequel il y avait un pavillon de plaisance au bord de la rivière pour accueillir des assemblées qui pouvaient se
               disperser sur les pelouses avoisinantes. Des automates installés par Robert II d'Artois dans les jardins de Hesdin
               auraient été imités de ceux qu'il avait vus en Sicile.</para>
                <figure>
                    <title> Mariage dans les jardins de Hesdin</title>
                    <mediaobject>
                        <imageobject>
                            <imagedata align="center" fileref="https://media.tremplin.ens-lyon.fr/ressources/users/MarylineDornat/JardinMedieval/images/mariagedansjardinshesdin.jpg"/>
                        </imageobject>
                        <caption>
                            <para>Mariage de Philippe le Bon, Janvier 1430. Versailles collection MV5423 </para>
                        </caption>
                    </mediaobject>
                </figure>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Sitographie</title>
                <para>
                    <link xlink:href="http://utpictura18.univ-montp3.fr/GenerateurNotice.php?numnotice=A6176">http://utpictura18.univ-montp3.fr/GenerateurNotice.php?numnotice=A6176</link>
                </para>
                <para>
                    <link xlink:href="http://image.slidesharecdn.com/dossierdepressebatv2-140410110203-phpapp01/95/le-jardin-mdival-de-saintantoine-labbaye-6-638.jpg?cb=1397127759">http://image.slidesharecdn.com/dossierdepressebatv2-140410110203-phpapp01/95/le-jardin-mdival-de-saintantoine-labbaye-6-638.jpg?cb=1397127759</link>
                </para>
                <para>
                    <link xlink:href="http://secretsdejardins.e-monsite.com/pages/jardins/jardins-medievaux-1ere-partie.html">http://secretsdejardins.e-monsite.com/pages/jardins/jardins-medievaux-1ere-partie.html</link>
                </para>
                <para>
                    <link xlink:href="https://academiedecherbourg.wordpress.com/2010/06/16/que-sait-on-du-jardin-medieval/">https://academiedecherbourg.wordpress.com/2010/06/16/que-sait-on-du-jardin-medieval/</link>
                </para>
                <para>
                    <link xlink:href="http://www.lesamisduvieuxlaval.fr/wb/media/JARDIN%20MEDIEVAL%20cahors_2013.pdf">http://www.lesamisduvieuxlaval.fr/wb/media/JARDIN%20MEDIEVAL%20cahors_2013.pdf</link>
                </para>
                <para>
                    <link xlink:href="http://fr.slideshare.net/jpflahaut/le-jardin-mdival-de-saintantoine-labbayedossier-de-presse-bat-v2">http://fr.slideshare.net/jpflahaut/le-jardin-mdival-de-saintantoine-labbayedossier-de-presse-bat-v2</link>
                </para>
                <para>
                    <link xlink:href="http://arrosoirs-secateurs.com/Historique-architecture-et">http://arrosoirs-secateurs.com/Historique-architecture-et</link>
                </para>
                <para>
                    <link xlink:href="http://lessecretsdarduinna.blogs.lalibre.be/jardin-medieval/">http://lessecretsdarduinna.blogs.lalibre.be/jardin-medieval/</link>
                </para>
                <para>
                    <link xlink:href="https://academiedecherbourg.wordpress.com/2010/06/16/que-sait-on-du-jardin-medieval/">https://academiedecherbourg.wordpress.com/2010/06/16/que-sait-on-du-jardin-medieval/</link>
                </para>
                <para>
                    <link xlink:href="http://www.oldcook.com/medieval-jardin">http://www.oldcook.com/medieval-jardin</link>
                </para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Bibliographie</title>
                <para>Histoire du jardin potager, Florent Quellier (Armand Colin – 2012)</para>
                <para>Tous les jardins du monde, Gabrielle Van Zuylen (Art De Vivre, 1994) </para>
                <para>Les jardins – Paysagiste – Jardiniers – Poètes,Michel Baridon (BOUQUINS, 1998)</para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Iconographie</title>
                <para>Image Le roman de la rose : Roman de la Rose, Guillaume de lorrise Jean de la Meun, 1457</para>
                <para>Image Haie séche : <link xlink:href="http://plessage.overblog.com/page/3">http://plessage.overblog.com/page/3</link>
                </para>
                <para>Image Carré : Enluminure Hortus Conclusus</para>
                <para>Image Fontaine : Hortus Conclusus du Château de la Motte d'Usseau (Viennes)<link xlink:href="http://www.chateau-de-la-motte.net/news/21/81/The-weather-is-warm-and-sunny-at-last.html">http://www.chateau-de-la-motte.net/news/21/81/The-weather-is-warm-and-sunny-at-last.html</link>
                </para>
                <para>Image Cloître :Cloître de Ripolli <link xlink:href="http://architecture.relig.free.fr/cister_plan.htm">http://architecture.relig.free.fr/cister_plan.htm</link>
                </para>
                <para>Image Hesdin : <link xlink:href="http://www.la-vie-du-jardin.com/medieval/profan.php">http://www.la-vie-du-jardin.com/medieval/profan.php</link>
                </para>
            </sect2>
        </sect1>
        <sect1>
            <title>Symbolique des fleurs</title>
            <para>Le Moyen-Age s'étend sur une période d'à peu près mille ans : cette longue période a donc développé différents
            points de vue sur le rapport entre art et nature. Ces points de vue résultent d'une part, du conflit entre le début de
            la christianisation et un monde dans lequel le paganisme est bien installé et d'autre part de la pacification d'un
            espace territorial (des grandes invasions à la première Renaissance carolingienne).</para>
            <sect2>
                <title>Un rapport conflictuel à la représentation réaliste de la nature.</title>
                <para>La période du Haut Moyen-Age a été marquée par les invasions barbares et l'expansion islamique. Les
               préoccupations matérielles ont sans doute prévalu sur des considérations esthétiques : le jardin et les cultures
               nourricières ne laissaient que peu de place à la construction d'un jardin de plaisance, d'un <emphasis>locus
                  amoenus</emphasis>.</para>
                <para>Dans le monde clos des abbayes vont se développer par ailleurs des considérations hautement symboliques : le
               monde doit se lire et se comprendre à travers la révélation christique ; par exemple le vent représentait l'esprit
               saint, le saphir la contemplation divine. Selon Michel Baridon, «L'étude comptait moins que son utilisation à des
               fins symboliques et hagiographiques[...] Les fleurs existaient et on en cultivait dans certaines abbayes […] mais
               c'est surtout la rose, le lys ou l'iris qui avaient la faveur des jardiniers pour leur parfum, leur beauté, et pour
               les associations qu'elles faisaient naître.» ( in <citetitle>Les Jardins</citetitle>, Robert Laffont, Paris
               1998).</para>
                <para>De plus, l’Église condamne les plantations d'agrément et tolère la fabrication de parfums pour la liturgie ; de
               même l'<emphasis role="italic">atria</emphasis> (jardin dit «paradis») est planté de roses pour permettre d'orner
               l'autel.</para>
                <para>Par ailleurs, la tulipe, l’œillet et la pivoine entre autres n'étaient pas encore acclimatées en Europe mais
               certaines fleurs de l'imaginaire oriental sont présentes dans l'iconographie.</para>
                <para> La représentation des fleurs se fera ensuite par le biais des vitraux . On les représente pour leurs symboles.
               Chaque chrétien se doit de connaître la symbolique et les images.</para>
                <para>L'architecture se veut une illustration de la liturgie de la lumière : la lumière de la pensée divine doit
               descendre sur la foule des croyants réunis dans les lieux de culte. La rosace fait alors figure de double
               instrument : elle allie la symbolique de la rose à celle de la lumière. Telle est la signification des rosaces des
               cathédrales gothiques : l'architecture de ces cathédrales, allie métaphores végétales comme les nervures des voûtes
               et métaphore de la lumièregrâce à leur élévation. </para>
                <para>Les sculptures des églises romanes, quant à elles, sont souvent accompagnées de feuilles d'acanthe. Celles-ci
               illustrent la victoire et le terme des épreuves terrestres. Elles sont considérées comme un symbole de gloire pour
               ceux qui ont triomphé des obstacles qui jalonnaient leur route.</para>
                <para>Ainsi, tandis que les premiers traités illustrés de botanique déconcertent par le peu de ressemblance entre la
               plante et son dessin, les rendant toutes très peu différentes les unes des autres, des représentations plus
               tardives étonnent par leur réalisme pictural. On va passer d'un système fondé sur un discours sur la plante à un
               système qui valorisera la plante en elle-même. On se dirige alors vers un art figuratif plus ou moins réaliste mais
               où la symbolique continuera de s'affirmer en priorité.</para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>La réconciliation avec une forme de «réalisme»</title>
                <para> C'est vers la fin du xv ème siècle que les tapisseries dites «mille fleurs» se développent. Parmi les plus
               célèbres, la tapisserie de <emphasis>La Dame à la Licorne</emphasis>, exposée au musée national du moyen-âge de
               Cluny à Paris.</para>
                <para> Il s'agit d'un ensemble de cinq tapisseries représentant les cinq sens, plus une sixième intitulée de façon
               assez énigmatique <emphasis>A mon seul Désir</emphasis>. Elles proposent toutes un parterre fleuri, où chaque fleur
               se voit choisie pour sa valeur symbolique.</para>
                <para> La flore de chacune de ces tapisseries est très variée ; on y observe un fond de «mille fleurs» sur lequel
               évoluent des animaux familiers, créant un univers poétique. Cette diversité renvoie à la conception de l'<emphasis role="italic">hortus deliciarum </emphasis>:cette tapisserie à thème littéraire représente l'amour
               courtois.</para>
                <para> Chaque tapisserie représente des fleurs qui font partie de la culture d'agrément. La plupart des fleurs
               représentent la Vierge Marie. On a donc aussi une représentation d'un <emphasis role="italic">hortus
                  conclusus</emphasis>.</para>
                <para> Nous allons nous attacher à dégager la signification des plantes et des fleurs représentées ; celles-ci
               intègrent en outre une symbolique plus ancienne héritée de l'Antiquité gréco-latine.</para>
                <para> On observe parmi les arbres :</para>
                <itemizedlist>
                    <listitem>
                        <para>un chêne : symbole de fermeté, de fidélité et de bonheur.</para>
                    </listitem>
                    <listitem>
                        <para>un houx : signe du Christ qui symbolise la nativité et a pour rôle de protéger la maison.</para>
                    </listitem>
                    <listitem>
                        <para>un pin : symbole de la permanence dans un univers méditerranéen sa symbolique est reprise au nord de la
                     Loire il se voit souvent représenté alors même qu'il est peu fréquent sous ces latitudes. </para>
                    </listitem>
                    <listitem>
                        <para>un oranger : lui aussi héritié de l'univers méditerranéen, comme le pin, il acclimate en priorité sa
                     symbolique et se trouve représenté dans des ouvrages produits au nord de la Loire, latitudes où l'arbre ne
                     poussait pas ; il représente l'arbre de la connaissance du Paradis ou bien, dans la littérature profane, la
                     fécondité (fruit) ; sa fleur symbolise la jeune fille.</para>
                    </listitem>
                </itemizedlist>
                <para> On trouve parmi les fleurs:</para>
                <itemizedlist>
                    <listitem>
                        <para> des violettes, fleurs parfumées, du désir et du Paradis dans la poésie amoureuse. La violette peut
                     symboliser dans d'autres représentations la modestie et l'humilité. Elle est aussi le symbole de la Vierge
                     Marie. Elle est largement représentée dans les tapisseries mille fleurs. </para>
                    </listitem>
                    <listitem>
                        <para>des pâquerettes, fleurs de Pâques ou bien dans la poésie amoureuse, fleur de Vénus.</para>
                    </listitem>
                    <listitem>
                        <para>des œillets, figurant sur les couronnes des fiançailles. Œillet, en latin <emphasis>daianthus</emphasis>,
                     d'origine grecque, signifie «fleur de Dieu» : c'est pourquoi cette fleur peut évoquer Jésus-Christ et plus
                     précisément sa Passion. Selon une légende médiévale, les larmes de la Vierge Marie à la vue de son fils en
                     croix,tombées à terre , se transforment en œillets. Ils attirent par leur senteur poivrée.</para>
                    </listitem>
                    <listitem>
                        <para>des roses, symboles de l'amour terrestre lié à la Vénus et à la Vierge. Un récit mythologique rapporte que
                     dans l'écume de la mer, dont naît la déesse grecque, pousse un buisson épineux, qui, arrosé par le nectar des
                     dieux, se couvre de roses blanches.</para>
                        <para>Dans l'Antiquité, la rose a aussi une connotation funèbre, au point que, dans l'ancienne Rome, la fête des
                     roses, les Rosalies, fait partie des cérémonies liées au culte des morts.</para>
                    </listitem>
                    <listitem>
                        <para>des jacinthes : symbole de la vertu et de l'endurance selon Ovide, la jacinthe serait née du sang d'Ajax
                     fils de Télamon, qui se tue par dépit car il n'a pas obtenu les armes très convoitées d'Achille qui
                     reviendront à Ulysse.</para>
                    </listitem>
                    <listitem>
                        <para>des pensées : on leur attribue souvent le symbole de la tendre pensée envers un proche. Elles sont aussi
                     le symbole de l'humilité.</para>
                    </listitem>
                    <listitem>
                        <para>des lys : symbole de la pureté et de la chasteté, le lys est souvent lié à L'Annonciation et à l'Immaculée
                     Conception du Christ. Il est le symbole de la Vierge Marie et de l'archange Gabriel. Dans la Rome Antique il
                     est appelée « Rose de Junon» car il symbolise le lait que Junon aurait donné à Hercule. Au Moyen-Age, il est
                     associé au Christ et aux rois (sur les bannières).</para>
                    </listitem>
                </itemizedlist>
                <para>Ces plantes et ces fleurs se retrouvent donc dans les six tapisseries, avec des fréquences qui varient selon le
               sens de chacune.</para>
                <para>Dans cet ensemble de tapisseries non seulement les fleurs sont symboliques mais elles permettent aussi à celui
               qui les regarde de comprendre que c'est une tapisserie fondée sur les cinq sens.</para>
                <para>Traditionnellement on répertorie les tapisseries représentant : </para>
                <figure>
                    <title>Le goût exposé au Musée de Cluny </title>
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                    <caption>
                        <para>Dimensions : environ 3,75 m par 4,6 m</para>
                        <para>Une clôture de bois couverte de rosiers grimpants ferme l’organisation générale de la tapisserie tandis
                     que l'oiseau est nourri par la Dame</para>
                    </caption>
                </figure>
                <figure>
                    <title>L'odorat exposé au musée de Cluny</title>
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                    <caption>
                        <para>Dimensions:environ environ 3,6 m par 3,2m</para>
                        <para>Le singe, qui respire un œillet dérobé, permet de dévoiler que le sens mis en avant est l'odorat.</para>
                    </caption>
                </figure>
                <figure>
                    <title>Le toucher exposé au musée de Cluny</title>
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                    <caption>
                        <para>Dimensions:environ environ 3,7 m par 3,55m</para>
                    </caption>
                </figure>
                <para>Ici le geste de la Dame qui tient la Licorne par sa corne renvoie à la symbolique de la pureté virginale de
               l'animal.</para>
                <figure>
                    <title>La vue exposée au musée de Cluny</title>
                    <mediaobject>
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                    <caption>
                        <para>Dimensions: 3,12m par 3,30m</para>
                        <para>Le jeu avec un miroir (accessoire luxueux au XVème siècle) dénote le sens de la vue. </para>
                    </caption>
                </figure>
                <figure>
                    <title>L’ouïe exposée au Musée de Cluny</title>
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                    <para>Dimensions : 3,6 m par 3,6 m environ</para>
                </figure>
                <para>Un petit orgue portatif représente l'ouïe</para>
                <para>Dans chacune de ces tapisseries, on remarque combien l'espace est occupé voire saturé par le semi-fleuri: si sur
               certaines on observe un espace pouvant renvoyer à l'idée d'un «îlot» sur lequel les personnages se tiennent,
               l'arrière-plan rouge orangé renvoie à un espace abstrait sans profondeur (sans perspective) sur lequel les fleurs
               «flottent»; c'est un système de représentation qui mêle donc une forme de réalisme dans la précision qui permet
               d'identifier les fleurs et un symbolisme omniprésent et absolu.</para>
                <para>
                    <itemizedlist>
                        <listitem>
                            <para>
                                <emphasis role="bold">Bibliographie</emphasis> :</para>
                        </listitem>
                    </itemizedlist>
                </para>
                <para>- <emphasis role="underline">La nature et ses symboles</emphasis>, de Lucia Impelluso, éditions Hazan, Paris
               2004</para>
                <para>- <emphasis role="underline">Le potager du Moyen-Age</emphasis> , aux éditions Autres Temps, de Josy
               Marty-Dufaut, 2006</para>
                <para>- <emphasis role="underline">Les Jardins</emphasis> Michel Baridon, Robert Laffont, coll. Bouquins, Paris
               1998</para>
                <para>- <emphasis role="underline">La Dame à la Licorne, six tapisseries de la fin du XVème s.</emphasis> 1997 Arte
               France, Palette, Production RMN</para>
                <itemizedlist>
                    <listitem>
                        <para>
                            <emphasis role="bold">
                                <emphasis role="underline">Sitographie (pour les images):</emphasis>
                            </emphasis>
                        </para>
                    </listitem>
                </itemizedlist>
                <para>- wikipédia </para>
                <para>- medieval.mrugala.net </para>
                <para>- Site du musée de Cluny</para>
                <para>- panorama de l'art</para>
            </sect2>
        </sect1>
        <sect1>
            <title>Le jardin des simples</title>
            <para>Le jardin au Moyen-Age (Vème- XVème siècles) est le plus souvent entretenu par des moines ou sous la direction de
            seigneurs. Dans les monastères, les moines devaient, selon la règle de Saint-Benoît, s'occuper de jardinage pour
            combattre l'oisiveté. La fonction des jardins est donc multiple : </para>
            <para>- une fonction nourricière : elle est remplie par le jardin potager parfois complété par un verger </para>
            <para>- une fonction médicinale : elle sera assurée par le jardin des simples souvent placé près de l'infirmerie du
            monastère comme le plan idéal de l'abbaye de Saint-Gall le porte. -une fonction mystique : elle sera assurée par la
            culture de fleurs à caractère symbolique comme la rose et le lys dans de petits jardins appelés paradis. La fonction
            médicinale est remplie par les « simples ». Adopté au Moyen-Age, le terme <emphasis>simples</emphasis> désigne les
            herbes médicinales. Le rôle de médecin était souvent attribué aux moines. Ces simples sont des plantes qui ont des
            indications présumées thérapeutiques. Les plantes sont administrées en fonction de leur forme et de leur couleur selon
            la théorie des signatures. La théorie des signatures trouve ses origines chez le médecin grec Dioscoride (Ier siècle
            av. J.C.) : les plantes liées à la théorie des signatures ne soignent pas une maladie en particulier mais sont
            choisies sur leurs aspects extérieurs (forme et couleur). L'exemple le plus caractéristique en est celui de la
            mandragore dont la forme évoque celle d'un corps humain, ce qui la prédispose à toutes sortes d'applications.
            Dioscoride est un des premiers à véhiculer cette idée, au Ier siècle av. J.C. Il décrit notamment les effets de la
            pulmonaire dans le traitement des affections respiratoires, qu'il relie à l'aspect des feuilles, évoquant les alvéoles
            des poumons. Il pose que le nom pulmonaire a un rapport direct avec son utilisation et son apparence. Le jardin des
            simples est l'une des quatre parties traditionnellement attribuées au jardin médiéval : quelles étaient ces plantes ?
            Comment étaient-elles disposées dans le jardin ? </para>
            <sect2>
                <title>Les Simples : leurs caractéristiques et leurs fonctions</title>
                <para>Il y a quatre types de simples qui sont tous choisis en fonction de la théorie des signatures. Certaines plantes
               sont dans plusieurs catégories du fait de leurs nombreuses propriétés médicinales.</para>
                <figure>
                    <title>la sauge</title>
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                                        <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                    <copyright>
                                        <year>2015</year>
                                        <holder>ENS de Lyon</holder>
                                    </copyright>
                                </info>
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                                        <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                    <copyright>
                                        <year>2015</year>
                                        <holder>ENS de Lyon</holder>
                                    </copyright>
                                </info>
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                            <simpara>La sauge. La sauge, que les Grecs appellent elelisphaccos, est très bonne contre les affections du
                        foie, lorsqu’on la boit avec de l’hydromel. […] Broyée et appliquée sur la plaie, elle neutralise les
                        effets des morsures venimeuses, et cicatrise les blessures saignantes. Un mélange tiède de suc de sauge et
                        de vin apaise les toux invétérées et les douleurs de côté. […] Le jus de la sauge a, dit-on, la vertu de
                        noircir les cheveux quand on les en imprègne fréquemment à l’ardeur du soleil. Serenus Sammonicus
                        Préceptes Médicinaux, IIIè s. ap. J.C. </simpara>
                        </caption>
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                <figure>
                    <title>le persil</title>
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                                        <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                        <caption>
                            <simpara>Le persil. Le persil est plus utile quand il est cru que quand il est cuit. Il adoucit les fièvres
                        si elles ne sont pas trop fortes. Si on souffre du cœur ou de la rate, faire cuire du persil dans du vin
                        rouge en ajoutant du miel. d’après Hildegarde de Bingen (traité de la Physique) </simpara>
                        </caption>
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                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                        <caption>
                            <simpara>Le cerfeuil. Le cerfeuil est d’une nature âcre et brûlante. Broyé avec du miel et appliqué sur la
                        partie malade, il remédie aux affections cancéreuses. Pris en boisson dans du vin, il apaise les douleurs
                        du côté, si l’applique en même temps, après l’avoir broyé, sur la partie malade. Administré dans de
                        l’hydromel, il délivre de la pituite. Macer Floridus Des Vertus des Plantes 1477 </simpara>
                        </caption>
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                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                        <holder>ENS de Lyon</holder>
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                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                    </copyright>
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                        <caption>
                            <simpara>Le fenouil. Le fenouil contient une chaleur douce et sa nature n’est ni sèche ni froide. De quelque
                        façon qu’on le mange, il rend le cœur joyeux ; il procure une bonne sueur et assure une bonne
                        digestion. d’après Hildegarde de Bingen (traité de la Physique) L’Hysope </simpara>
                        </caption>
                    </mediaobject>
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                <sect3>
                    <title>Les « panacées » soulagent de multiples maladies en tout genre</title>
                    <para>La Cataire soulage les piqûres de scorpion.</para>
                    <figure>
                        <title>La cataire</title>
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                                        <copyright>
                                            <year>2014</year>
                                            <holder>Victor Duruy</holder>
                                        </copyright>
                                    </info>
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                    <para>- <emphasis role="bold">L'Aristoloche</emphasis> est utilisée contre les ulcères et la gangrène. On distingue
                  trois espèces d'aristoloches : la longue, la ronde et la clématite. Les trois espèces soignent les mêmes
                  maladies mais doivent se préparer différemment. Certaines ont d'autres particularités, l'Aristoloche ronde tue
                  les poissons ce qui la fait appeler au Moyen-Age <emphasis>poison de la terre</emphasis>. </para>
                    <para>- <emphasis role="bold">La Cynoglosse </emphasis>a des vertus assoupissantes et stoppe les
                  hémorragies.</para>
                    <para> - <emphasis role="bold">La Scille</emphasis> est utilisée pour les problèmes pulmonaires. Comme les
                  jacinthes et les camassias, les scilles sont parmi les fleurs à bulbes les plus faciles à cultiver. Il existe de
                  nombreuse sorte de scilles.</para>
                    <para>- <emphasis role="bold">Le Dompte-venin</emphasis> : contre les morsures des animaux venimeux. Ce sont les
                  seules panacées qui eussent un réel impact positif sur les maladies et blessures.</para>
                </sect3>
                <sect3>
                    <title>Les « maux de ventres » sont utilisés pour les douleurs au ventre : </title>
                    <para>- <emphasis role="bold">La Balsamite</emphasis> est une plante qui a des propriétés digestives et vermifuges,
                  elle peut aussi soulager les coups de soleil. </para>
                    <figure>
                        <title>Un plan de balsamite</title>
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                                            <year>2014</year>
                                            <holder>Victor Duruy</holder>
                                        </copyright>
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                    <para>- <emphasis role="bold">L'Aurone</emphasis> était utilisée pour ses vertus diurétiques et vermifuges, et
                  aussi pour la plupart des douleurs gastriques. Si elle n'est pas bouillie avant d’être préparée elle est
                  toxique. Elle est généralement utilisée avec du coing et de la mie de pain.</para>
                    <para>- <emphasis role="bold">La Tanaise</emphasis> avec son feuillage finement découpé et ses fleurs jaunes qui
                  apparaissent en juillet était sensée soigner les douleurs gastriques mais est en réalité une plante toxique et
                  hallucinogène.</para>
                    <figure>
                        <title>La tanaise</title>
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                                            <holder>Victor Duruy</holder>
                                        </copyright>
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                    <para>- <emphasis role="bold">La Fumeterre</emphasis> était utilisée pour la cure dépurative, il fallait l’utiliser
                  lorsqu'un individu prenait un produit en l'excès. Le nom de cette plante est dû au fait que son jus fait
                  pleurer, comme la fumée.</para>
                    <para>La plupart de ces plantes ont les mêmes propriétés, soit elles soignent les douleurs gastriques, soit elles
                  sont toxiques.</para>
                    <figure>
                        <title>Pour calmer les douleurs de ventre</title>
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                                            <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                       Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
                                            </simpara>
                                        </legalnotice>
                                        <copyright>
                                            <year>2015</year>
                                            <holder>ENS de Lyon</holder>
                                        </copyright>
                                    </info>
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                                            <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                       Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
                                            </simpara>
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                                            <holder>ENS de Lyon</holder>
                                        </copyright>
                                    </info>
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                                <simpara>Pour calmer les douleurs de ventre. Si vous êtes en proie à de violentes douleurs d’entrailles,
                           broyez de l’hysope, de la rue et de l’ache dans du vin ; puis, faites cuire le tout dans trois
                           hémines d’eau, jusqu’à ce que celles-ci soient réduites de moitié ; vous obtiendrez un breuvage
                           efficace et agréable. […] Le cumin broyé dans l’eau donne un breuvage dont l’expérience m’a démontré
                           l’efficacité. Une semblable infusion de menthe a la même vertu. […] Enfin, on peut boire avec confiance
                           du vinaigre que l’on aura broyé des oignons au bulbe arrondi. Serenus Sammonicus Préceptes médicaux
                           IIIè s. ap.J.C. </simpara>
                            </caption>
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                    </figure>
                </sect3>
                <sect3>
                    <title>Les purges</title>
                    <para>Les « purges » sont utilisées si l’équilibre de la santé est brisé. Cette équilibre est constitué, selon la
                  théorie reprise de l'Antiquité, de quatre humeurs : le sang, la lymphe, la bile jaune et la bile noire.</para>
                    <para>- <emphasis role="bold">L’Asaret</emphasis> provoque les urines, facilite l'écoulement périodique chez les
                  femmes et remédie aux affections du foie. Cette plante était utilisée sur certains critères bien précis : comme
                  l'âge et la force du malade, l'époque de l’année et les intempéries. </para>
                    <para>- <emphasis role="bold">Le Ricin</emphasis> était utilisé comme laxatif. Cette plante n'était utilisée qu'à
                  certaines périodes de l'année du fait de sa rareté. Préparé avec du vin, on en broyait les feuilles pour les
                  ingurgiter.</para>
                    <para> - <emphasis role="bold">L’Épurge</emphasis> est une plante toxique qui a pour propriété de brûler l’œsophage
                  et de provoquer des vomissements. Cette plante n'avait pas de réelle utilité à part des propriétés blessantes.
                  C’est une plante de culture vraiment facile car elle est cultivable même dans un sol sableux. C'est une plante à
                  l'aspect rébarbatif du fait de ses épines pointues auxquelles elle doit sa mauvaise réputation. </para>
                </sect3>
                <sect3>
                    <title>Les « herbes des fièvres »</title>
                    <para>- <emphasis role="bold">Les « herbes des fièvres »</emphasis> sont utilisées lorsqu'un patient a de la fièvre
                  car au Moyen-Age la fièvre n'est pas considérée comme un symptôme mais plutôt comme une maladie à part
                  entière.</para>
                    <para>- <emphasis role="bold">L’Aunée </emphasis>est une plante qui a de multiples usages, le plus connu étant
                  d’atténuer la fièvre. C'est une plante qui préfère les lieux humides. Elle peut atteindre, dans ses meilleurs
                  moments, trois mètres de haut, quoiqu'elle se contente généralement du mètre.</para>
                    <para> - <emphasis role="bold">La Germandrée Petit Chêne </emphasis>est une plante qui a pour usage de soigner les
                  panaris et d’atténuer la fièvre. Elle était aussi utilisée pour l’expulsion du fœtus mort dans le sein de sa
                  mère. Lorsque l'on s'en frotte le corps, on a une sensation de chaleur.</para>
                    <para>- <emphasis role="bold">La Piloselle</emphasis> est une plante cicatrisante, astringente et diurétique que
                  l'on peut utiliser comme antibiotique. La Piloselle doit son nom « d'oreille-de-souris » à ses feuilles
                  recouvertes de nombreux poils blancs. La Piloselle a donné lieu à des études chimiques approfondies car elle
                  contient des flavonoïdes qui favorisent l'élimination rénale de l'eau.</para>
                    <para>- <emphasis role="bold">La Filipendule </emphasis>atténue les problèmes rénaux, les maux de gorges et atténue
                  la fièvre. Cette plante produit de grandes fleurs violettes qui peuvent aussi servir à la décoration. Il y a aux
                  moins dix espèces de filipendules qui peuvent pousser dans des climats différents.</para>
                    <para>Les indications de toutes ces plantes traduisent en contrepoint un paysage sanitaire particulier où les
                  problèmes digestifs tiennent une place importante, sans doute liés aux difficultés de conservation des
                  aliments.</para>
                    <para>Par ailleurs, lors des grandes épidémies notamment de peste ou de choléra, très fréquentes au Moyen-Age, peu
                  de remèdes étaient utiles : on en restait essentiellement aux fumigations.</para>
                </sect3>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Un Cas particulier : la Thériaque face à la peste.</title>
                <para>Prier les saints étaient l'une des seules solutions contre la peste, notamment saint Roch et saint Sébastien qui
               étaient des saints anti pesteux (saint invoqués en cas d’épidémie de peste). L'organisation de processions était
               aussi pratiquée, elles avaient pour but de brûler les hérétiques et les lépreux qui était accusés de propager la
               maladie. La purge et la saignée, en aggravant la diarrhée et l'état de faiblesse, permettaient peut-être d'abréger
               les souffrances des patients... L'usage d'antidotes, ou alexipharmaques, dont les bézoards, les sécrétions animales
               (sang de vipère et bave de crapaud) était habituel.</para>
                <para>Mais au-delà de ces quelques remèdes, il y a une potion sophistiquée qui a pour base une simple : la thériaque.
               Le nom de la plante a donné son nom au remède. Cette potion, qui à l'origine était utilisée comme contre-poison a
               rapidement été remarquée pour sa teneur en opium qui devait diminuer légèrement la diarrhée cholérique et les
               douleurs liées à la peste. Sa préparation nécessitait plus d'un an et demi (car elle devait fermenter) et faisait
               appel à plus de soixante-quatre ingrédients végétaux, minéraux et animaux des plus variés. Au départ, selon la
               légende, ramenée à Rome par Pompée, la recette a été enrichie au fils des années par Andromaque, le médecin de
               Néron. La thériaque était un électuaire, c’est-à-dire une pâte de consistance un peu plus solide que le miel, assez
               molle quand elle était récente, assez ferme lorsqu’elle avait vieilli (souvent de plusieurs années). Les
               préparations dont les agencements étaient jalousement gardés, variaient d'un lieu à un autre : celles de Venise et
               de Montpellier étaient très réputées. La thériaque, préparée et conservée par les apothicaires, était contrôlée par
               les médecins qui en vérifiaient la composition afin d'éviter les contrefaçons ou l'incorporation de simples séchées
               falsifiées (les drogues du hollandais <emphasis>drog</emphasis> signifiant <emphasis>choses séchées</emphasis>).
               Par ailleurs, des dates de fabrication et de péremption étaient apposées sur les récipients et contrôlées. </para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>L'organisation du jardin des simples.</title>
                <para>Partie du jardin médiéval, le jardin des simples s'étendait la plupart du temps dans un espace réservé,
               hautement surveillé et organisé pour que l'accès aux plantes soit aisé. Dans le jardin des simples, seules les
               plantes considérées comme les plus rares étaient cultivées, pour le reste les moines allaient les chercher dans la
               nature. Le jardin est très structuré : il est formé de banquettes surélevées, rectangulaires ou carrées, alignées,
               où l'on fait pousser un type de plante par banquette. Il est symétrique et doit représenter la perfection comme
               beaucoup de jardins au Moyen-Age.</para>
                <figure>
                    <title> Plan de l'abbaye de Saint-Gall vers 820</title>
                    <mediaobject>
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                        <caption>
                            <para> Plan idéal de Saint Gall vers 820, Sankt Gallen, Stiftsbibliothek</para>
                        </caption>
                    </mediaobject>
                </figure>
                <para>Les banquettes sont délimitées par des palissades de bois appelées plessis.</para>
                <figure>
                    <title>Exemple de plessis</title>
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                                    <copyright>
                                        <year>2016</year>
                                        <holder>Victor Duruy</holder>
                                    </copyright>
                                </info>
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                        <caption>
                            <para>Marseille,vieux port</para>
                        </caption>
                    </mediaobject>
                </figure>
                <para>Les plessis était installés autour de chaque plantation. On disposait de la paille en dessous de chaque
               banquette pour éviter les mauvaises herbes et surélever les plantes. Cette technique est caractéristique du
               Moyen-Age pour les petites cultures. Le jardin des simples côtoie le potager, le jardin d'ornement (pour la
               prière), le jardin des plantes tinctoriales et le verger. Ce ne sera que plus tard qu'un autre type de jardin de
               simples apparaîtra : le jardin naturel. Un jardin «naturel» privilégie les courbes des sentiers et joue avec les
               associations de plantes hautes, ornementales et couvre-sol. </para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Sitographie</title>
                <para>
                    <uri/>
                    <emphasis role="underline">
                        <emphasis role="bold">http://www.gerbeaud.com/jardin/fiches/creer-un-jardin-de-simples,1516.html</emphasis>
                    </emphasis>
                </para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Bibliographie</title>
                <para>Les Propriétés médicinales des Plantes, textes de IIIè, IVè et XIè siècles éditions Paleo, La Bibliothèque de
               l'Antiquité, 2007 La Pharmacie des Moines, éditions Paleo, Histoire des sciences, accès direct, 2011</para>
            </sect2>
        </sect1>
        <sect1>
            <title>Les recettes médicinales</title>
            <para>Au Moyen-âge, les gens se soignent grâce au remèdes médicinaux conçus par les apothicaires. Les ingrédients
            utilisés sont les simples. Ces plantes étaient cultivées par les moines dans un espace dédié (proche de l'infirmerie,
            selon le plan idéal de l'abbaye de Saint-Gall), l'<emphasis>herbularius</emphasis>. Parmi les plantes cultivées à
            l'époque, certaines ont changé de statut et sont considérées comme de « mauvaises herbes » à l'époque moderne ;
            d'autres largement utilisées, sont tombées dans l'oubli. Enfin il convient de signaler les difficultés
            d'identification liées à des problèmes de traduction, que nous n'avons pas eu la prétention de régler.</para>
            <para>Quelles sont les recettes médicinales au Moyen-âge ? </para>
            <para>Quels ingrédients contiennent-elles ? </para>
            <para>Quels sont leurs rôles ?</para>
            <sect2>
                <title>Les principes de la médication médiévale</title>
                <sect3>
                    <title>L'importance de la classe sociale</title>
                    <para>Au Moyen-Age la médecine fait peu à peu ses preuves mais reste incertaine, hasardeuse voire dangereuse A la
                  fin du XIème siècle les nouveaux ingrédients utilisés en médecine sont de plus en plus coûteux et donc
                  inaccessibles pour les moins aisés.</para>
                </sect3>
                <sect3>
                    <title>La théorie des humeurs</title>
                    <para>Popularisée par les Corpus hippocratique (recueil de médecine compilé au IIIe siècle avant JC d'après les
                  idées d'Hippocrate de Cos), la théorie des humeurs est l'une des bases de la médecine antique. Selon cette
                  théorie, le corps est constitué des quatre éléments fondamentaux, air, feu, eau et terre possédant quatre
                  qualités : chaud ou froid, sec ou humide. Ces éléments, mutuellement antagoniques (l'eau et la terre éteignent
                  le feu, le feu fait s'évaporer l'eau), doivent coexister en équilibre pour que la personne soit en bonne santé.
                  Toute maladie, due à un dérèglement du jeu de ces éléments, est ainsi susceptible d'une explication purement
                  physique. Par exemple : La bile jaune, la « cole », chaude et sèche, est l’élément dominant de la jeunesse, elle
                  donne un tempérament « coléreux », plein de « feu ». </para>
                    <figure>
                        <title>Contre la bile</title>
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                                            <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                       Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
                                            </simpara>
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                                            <year>2015</year>
                                            <holder>ENS de Lyon</holder>
                                        </copyright>
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                                            <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                       Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                        </copyright>
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                                       disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation
                                       Commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International</link>
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                                <simpara>Contre la bile. Pour chasser la bile noire, ce poison intérieur qui affecte la santé chez tous
                           les hommes, broyez neuf petites gousses d’ail et autant de grains de poivre, que vous délayerez ensuite
                           dans une tasse de saumure de garus ; puis avalez le tout, après l’avoir mâché. Prenez encore deux
                           doses de ce médicament, en réduisant à sept, puis à cinq, le nombre des gousses d’ail et des grains de
                           poivre. Serenus Sammonicus Préceptes médicaux IIIè s. ap.J.C. </simpara>
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                <sect3>
                    <title>Apothicaires-épiciers aux pharmaciens</title>
                    <para>Ce sont les ordres monastiques qui ont pour devoir de soigner les malades. Ce sont donc eux qui cultivent la
                  plupart des plantes médicinales comme le thym, la sauge, l'hysope, l'absinthe, la rue, le souci, la tanaisie, la
                  mélisse, le romarin et menthe verte …Ces ordres monastiques sont à l'origine des «hortus conclusus» dans
                  lesquels sont cultivés des plantes médicinales, des arbres fleurs etc … en référence au jardin d'Eden. Et c'est
                  au XIIIème siècle qu'apparaissent en Europe les premières boutiques d'apothicaires, auxquelles Saint Louis
                  donne, en 1258, un statut pour la préparation et la vente des médicaments. </para>
                </sect3>
                <sect3>
                    <title>Dates de péremption</title>
                    <para>La consommation des médicaments fait l'objet d'une surveillance administrative active. Des médecins passent
                  une fois par an pour vérifier la conformité des produits et faire jeter ceux qui sont périmés. Par ailleurs les
                  apothicaires doivent savoir lire et écrire correctement ou avoir un assistant capable de le faire à leur place.
                  Il leur faut en effet déchiffrer les ordonnances médicales et les étiquettes des médicaments. Ils doivent
                  posséder des ouvrages de référence. Leurs pots à pharmacie doivent porter, outre le nom des remèdes, le mois de
                  l'année de leur fabrication. </para>
                    <figure>
                        <title>L'Eau de rose </title>
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                                            <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                       Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                            <holder>ENS de Lyon</holder>
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                                            <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                       Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                       disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation
                                       Commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International</link>
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                                <simpara>L'Eau de rose. Pour faire de l’eau de rose de Damas, mettez sur les pétales du rosé battu. Versez
                           de l’eau distillée sur la première couche de roses, sur la deuxième puis sur la troisième et sur la
                           quatrième. Au bout de quatre fois, l’eau deviendra rouge. Le Mesnagier de Paris, recueil anonyme du
                           XIVè s. </simpara>
                            </caption>
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                </sect3>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Les ingrédients</title>
                <para>
                    <figure>
                        <title>Arrachage d'une mandragore. </title>
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                            <caption>
                                <para>Arrachage d'une mandragore. Manuscrit Tacuinum Sanitatis, Bibliothèque nationale de Vienne, v. 1390.
                        </para>
                            </caption>
                        </mediaobject>
                    </figure>- <emphasis role="bold">La Mandragore</emphasis> (<emphasis>Mandragora officinarum L.</emphasis>) : elle
               occupe une place sans égale comme plante «magique» et c'est pourquoi elle fut à la fois crainte et respectée dans
               toute l'Europe médiévale. C'est l'un des exemples de la théorie des Signatures : sa racine est si bien fourchue que
               la plante ressemble à un corps humain. On lui prêtait des pouvoirs surnaturels sur le corps et l'esprit. Sainte
               Hildegarde von Bingen écrit à son sujet <citation>«Celui qui souffre doit prendre une racine de mandragore, la
                  laver soigneusement, en mettre dans son lit et réciter la prière suivante : mon Dieu, toi qui de l'argile as
                  crée l'homme sans douleur, considère que je place près de moi la même terre qui n'a pas encore péché, afin que
                  ma chair criminelle obtienne cette paix qu'elle possédait tout d'abord.»</citation>
                </para>
                <para>- <emphasis role="bold">L’épeautre</emphasis> : <emphasis>"c'est un excellent grain, de nature chaude, gros et
                  plein de force, et plus doux que les autres grains : à celui qui le mange, il donne une chair de qualité, et
                  fournit du sang de qualité. Il donne un esprit joyeux et met de l’allégresse dans l’esprit de l’homme. Sous
                  quelque forme qu’on le mange, soit sous forme de pain, soit dans d’autres préparations, il est bon et agréable.
                  Si quelqu’un est si affaibli que sa faiblesse l’empêche même de manger, prendre des grains entiers d’épeautre,
                  les faire cuire dans de l’eau, en ajoutant de la graisse ou du jaune d’œuf ; de la sorte, il aura meilleur goût
                  et sera consommé plus facilement: en donner au malade pour qu’il en mange, et, comme un bon et sain onguent,
                  cela le guérit de l’intérieur."</emphasis> Hildegarde de Bingen, <emphasis>Livre des subtilités des créatures
                  divines</emphasis>
                </para>
                <para>- <emphasis role="bold">La fougère</emphasis>
                    <emphasis>"est tout à fait chaude et sèche, et contient assez peu de suc. Mais elle a beaucoup de vertus analogues
                  à celles du soleil ; en effet, de même que le soleil illumine ce qui est obscur, de même elle met en fuite les
                  apparitions fantastiques, et c’est pourquoi les esprits malins la détestent. Dans les lieux où elle pousse, le
                  diable exerce rarement ses sortilèges, et elle évite et fuit les maisons et les lieux où se trouve le diable ;
                  là où elle pousse, la foudre, le tonnerre et la grêle tombent rarement ; et la grêle tombe rarement dans les
                  champs où elle pousse. L’homme qui en porte sur lui évite les sortilèges et les incantations des démons, ainsi
                  que les paroles et autres visions diaboliques. (…)"</emphasis> Hildegarde de Bingen, <emphasis>Livre des
                  subtilités des créatures divines</emphasis>
                </para>
                <para>- <emphasis role="bold">La camomille</emphasis>
                    <emphasis>"est chaude, elle a un suc agréable qui constitue un suave onguent pour les intestins. Si on a mal aux
                  intestins, faire cuire de la camomille dans de l’eau, avec de la graisse ou de l’huile ; ajouter de la fleur de
                  farine, préparer ainsi une bouillie qu’on mangera et qui guérira les intestins." </emphasis> Hildegarde de
               Bingen, <emphasis>Livre des subtilités des créatures divines</emphasis>
                </para>
                <para>- <emphasis role="bold">L'hysope</emphasis> (<emphasis>hysopus officinalis L</emphasis>.) Selon Hildegarde <citation>
                        <emphasis>«L'hysope purifie le foie et purge un peu les poumons. Celui qui tousse et souffre du foie ou des
                     poumons doit manger de l'hysope avec la viande sous les graisses, et il se sentira mieux.»</emphasis>
                    </citation>
                    <emphasis> </emphasis>mais elle peut aussi être utilisée contre l'enrouement, les maux de tête, la «lèpre due à la
               débauche». Et saint Albert le Grand, au XIIIe siècle compte l'hysope parmi les plantes les plus fréquemment
               cultivées dans les jardins avec la sauge et la rue.</para>
                <figure>
                    <title>L'hysope</title>
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                                        <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                    </legalnotice>
                                    <copyright>
                                        <year>2015</year>
                                        <holder>ENS de Lyon</holder>
                                    </copyright>
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                                        <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                        <year>2015</year>
                                        <holder>ENS de Lyon</holder>
                                    </copyright>
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                        <caption>
                            <simpara>L’hysope purifie le foie et purge un peu les poumons. Celui qui tousse et souffre du foie doit
                        manger de l’hysope avec de la viande sous la graisse, et il se sentira mieux. d’après Hildegarde de Bingen
                        (traité de la Physique) </simpara>
                        </caption>
                    </mediaobject>
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                        <title>Récolte de l'hysope</title>
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                                <para>Codex Vindobonensis, series nova 2644: La Récolte de l'hysope</para>
                            </caption>
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                    <title>hysope officinale</title>
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                                        <year>2016</year>
                                        <holder>Victor Duruy</holder>
                                    </copyright>
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            <sect2>
                <title>Les recettes</title>
                <para> - <emphasis role="bold">Recette à base d'hysope</emphasis> : <emphasis>« L'hysope a une force de siccité et de
                  chaleur de troisième degrés. En faisant bouillir ensemble de l'hysope, du miel et des figues sèches, on obtient
                  une boisson d'une utilité incontestée dans les catarrhes les plus violents et dans toutes les affections du
                  poumon ; elle débarrasse les intestins des ascarides lombricoïdes. Prises souvent en breuvage elle est également
                  efficace contre les humeurs qui descendent de la tête dans la poitrine et qui produisent souvent la toux ou la
                  phtisie. Verte ou sèche l'hysope donne une boisson dont l'usage prolongé ranime et embellit le teint. Mêlée avec
                  de l'huile de rose, et injectée dans les oreilles, elle en apaise les douleurs les plus aiguë.
               »</emphasis>Hildegarde de Bingen, <emphasis>Livre des subtilités des créatures divines</emphasis>
                </para>
                <para>
                    <emphasis> "L'hysope est une plante médicinale majeure. On utilise les fleurs et les feuilles en infusion pour
                  soigner l'asthme, les bronchites et autres problèmes respiratoires ; les troubles de la digestion. En externe,
                  les pétales s'appliquent en cataplasme ou bien en compresse d'infusion sur les ecchymoses et les paupières. Les
                  fleurs peuvent se manger soit fraîches en accompagnement de salade, soit cuites avec d'autres légumes. Cette
                  plante est déconseillée aux personnes nerveuses."</emphasis> Hildegarde de Bingen, <emphasis>Livre des
                  subtilités des créatures divines</emphasis>
                </para>
                <para>- <emphasis role="bold">Contre les affections des dents et la mauvaise haleine</emphasis> : <emphasis>« Il y a
                  peu de maux plus insupportables que le mal de dents, et, s'il est un remède intéressant à connaître, c'est celui
                  qui peut y mettre un terme. Gargarisez-vous donc avec une décoction de violettes dans le vin. Le suc acerbe de
                  l'olivier sauvage est aussi un bon remède : il arrête les bâillements et cicatrise les plaies de la langue. On
                  peut encore en mettre sur la partie douloureuse du vin assaisonné de nitre et de poivre à la saveur brillante.
                  Le suc de chélidoine, le lait de chèvre, le fiel de taureau sont également d’excellents spécifiques contre les
                  maux de dent, aussi bien que les gargarismes de vinaigre. La ronce mâchée est bonne pour les gencives et pour
                  les lèvres. Le lentisque et le myrte purifient l'haleine. La poudre connue sous le nom de poudre dentifrice, est
                  ainsi appelée parce qu'elle sert à frotter les dents , se fait avec de la cendre de corne de cerf, ou des pieds
                  de truie brûlés ou de la cendre de coquille d’œufs délayée dans un peu de vin. On la fait encore avec du murex
                  calciné ou de l'oignon brûlé. On croit qu'on ne peut se guérir qu'à prix d'argent ; mais les remèdes les plus
                  simples, comme ceux que j'indique, sont en même temps les plus efficaces contre toutes sortes d'affections. Si
                  l'on veut arrêter la carie, il faut introduire dans le creux de la dent gâtée de la cendre de fiente de rat. On
                  peut se servir encore de la cendre de dent de cerf refroidie dans du vinaigre, ou de la poudre qui résulte de la
                  combustion des vers de terre. Le lait de chienne a la vertu de cicatriser les brûlures de la bouche causées par
                  des aliments trop chauds. »</emphasis> Hildegarde de Bingen, <emphasis>Livre des subtilités des créatures
                  divines</emphasis>
                </para>
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                    <title>La Coriandre</title>
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                                        <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                            <simpara>La coriandre est une herbe froide qui, suivant Galien, a aussi une certaine âpreté, qui tue les
                        ascarides lombricoïdes et autres vers intestinaux, lorsque, après l’avoir broyée, on la boit avec du vin
                        ou du vinaigre. Cette herbe, pilée avec des raisins cuits au soleil et du miel, donne un cataplasme qui
                        dissipe toutes sortes de tumeurs […] Macer Floridus Des Vertus des Plantes 1477 </simpara>
                        </caption>
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                                        <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                        <year>2015</year>
                                        <holder>ENS de Lyon</holder>
                                    </copyright>
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                        <caption>
                            <simpara> La Laitue et froide et extrêmement humide. Employée en aliment ou en cataplasme, elle dissipe
                        toutes sortes d’inflammations. Elle est stomachique, hypnotique, laxative, et jouit à un plus haut degré
                        de ces propriétés quand on la mange cuite. Elle est aussi plus efficace contre les affections de l’estomac
                        quand on la mange sans l’avoir préalablement lavée. La graine de laitue préserve des cauchemars. […]
                        Quelques auteurs prétendent qu’elle obscurcit la vue des personnes qui en mangent trop souvent. Macer
                        Floridus Des Vertus des Plantes 1477 </simpara>
                        </caption>
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                </figure>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Hildegarde de Bingen</title>
                <para>
                    <figure>
                        <title>La vision de Sainte Hildegarde.</title>
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                            <caption>
                                <para>Hildegarde de Bingen, Scivias, Codex illuminatus, vers 1180. Fac-similé sur parchemin réalisé en
                           1925 ; 32,5 ´ 23,5 cm ; 35 miniatures</para>
                            </caption>
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                    </figure> A partir de 1151 Hildegarde eut ses premières visions, elle devient Abbesse à Bingen en Allemagne. Ses
               conseils, en particulier pour la santé, eurent un grand retentissement aux XIIème et XIIIème siècles, puis sont
               tombés dans l’oubli, sauf pour la consommation régulière de l’épeautre. Les descriptions des plantes d'Hildegarde
               sont faites d’observations depuis le jardin de son monastère mais aussi de prétendues visions divines. Le
                  <emphasis>Livre des Mérites de la vie</emphasis> l’occupe quatre ans, le <emphasis>Livre des illustrations de
                  Dieu</emphasis>, onze ans. Pendant cette époque, elle écrit une <emphasis>Physique </emphasis>et un livre sur
               les <emphasis>Causes des maladies et la manière de les soigner</emphasis>. Ce sont les seuls ouvrages médicaux qui
               nous soient parvenus du XIIème siècle sous des titres changeant. Mais il s’agit beaucoup plus sûrement de faire
               droit, avec les connaissances du temps, au souci de soigner l’homme global. Car c’est l’homme qui est au centre de
               la théologie d’Hildegarde, l’homme-Dieu bien sûr, le Christ, mais qui rejoint à jamais l’homme concret. </para>
                <figure>
                    <title>Contre les glaires</title>
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                                        <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                        <holder>ENS de Lyon</holder>
                                    </copyright>
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                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                        <caption>
                            <simpara>Contre les glaires et la toux. La feuille de laitue cuite a une vertu purgative à laquelle doivent
                        recourir les personnes qui sont tourmentées par les glaires. Elles se trouveront bien aussi de manger
                        souvent du chou bouilli. Si vous êtes atteint d’une toux violente, prenez une décoction d’ail et de
                        miel ; Tâchez aussi de vous procurer des baies de frêne que vous avalerez sans les mâcher. Serenus
                        Sammonicus Préceptes médicaux IIIè s. ap.J.C. </simpara>
                        </caption>
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                    <title>Contre les digestions difficiles </title>
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                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                    </copyright>
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                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                        <holder>ENS de Lyon</holder>
                                    </copyright>
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                        <caption>
                            <simpara>Contre les digestions difficiles et autres affections de l'estomac. C’est avec raison qu’on a dit
                        que l’estomac est le roi de tout le corps. A son état de santé semble, en effet, se rattacher celui de
                        tous les membres ; s’il est malade, au contraire, tout languit avec lui. Sa défaillance, si l’on n’y
                        remédie, se communique même au cerveau et aux facultés intellectuelles. Broyez dans un mortier de bois de
                        la graine de laitue noire, mêlez-y du miel, et prenez cette mixture à jeun, mais sans excéder trois
                        cuillérées. La graine de raifort broyée dans du vin miellé est aussi un bon spécifique. Serenus Sammonicus
                        Préceptes médicaux IIIè s. ap.J.C. </simpara>
                        </caption>
                    </mediaobject>
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            </sect2>
            <sect2>
                <title>Sites Internet</title>
                <para>
                    <link xlink:href="http://www.histoire-pour-tous.fr/dossiers/95-moyen-age/3914-la-medecine-et-les-remedes-du-moyen-age.html">http://www.histoire-pour-tous.fr/dossiers/95-moyen-age/3914-la-medecine-et-les-remedes-du-moyen-age.html</link>
                </para>
                <para>
                    <link xlink:href="http://www.medieval-moyen-age.net/">http://www.medieval-moyen-age.net/</link>
                </para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Livres</title>
                <para>Edouard Brasey, <emphasis role="underline">L'Encyclopédie du légendaire : trésors, artefacts et armes
                  magiques</emphasis>, Paris, éditions le Pré aux clercs, 2008</para>
                <para>Mikhaël d'Estissac, <emphasis role="underline">De l'usage des herbes, poudres et encens en magie</emphasis>,
               Paris, éditions François de Villac, 1996. </para>
                <para>Michel Botineau,<emphasis role="underline"> Les plantes du jardin médiéval</emphasis>, Belin EVEIL NATURE</para>
                <para> Paul Ferris, <emphasis role="underline">Les Remèdes de Santé d'Hildegarde de Bingen</emphasis>, POCHE MARABOUT
               santé, 2002 </para>
                <para>
                    <emphasis role="underline">La Santé au Moyen-Age</emphasis> éd. La Tour Jean Sans Peur, 2008</para>
            </sect2>
        </sect1>
        <sect1>
            <title>Les racines au Moyen-Age</title>
            <sect2>
                <title>La "malédiction" des racines</title>
                <para>Premier de tous les jardins, l’Eden fut d’abord un jardin nourricier. Après la <emphasis>Chute</emphasis>, c’est
               “à la sueur de son front” qu’Adam doit obtenir sa subsistance. Cette nécessité se traduira par la création de
               jardins potagers au sein même des monastères : l’<emphasis>hortulus</emphasis> ou “petit jardin”, selon
               l’abréviation du titre de l’oeuvre de Walafrid Stabo, moine suisse du IX è siècle, le <emphasis>Liber de cultura
                  horturum</emphasis>. C’est aussi dans cette perspective religieuse que l’on comprend la valorisation de ce type
               de jardin et le soin que les moines apporteront à sa réalisation et à son entretien : au départ signe de
               malédiction, le travail devient rédempteur lorsque l’alignement des carrés de légumes vient témoigner de la
               générosité de la nature nourricière entretenue par l’application tenace et répétée de l’homme ; la figure du moine
               jardinier ou de l’ermite jardinier tient une place importante dans la symbolique potagère médiévale. </para>
                <para>La tradition chrétienne va de plus intégrer l’héritage antique, notamment grec, adapté par les scolastiques :
               selon la <emphasis>Physique</emphasis> d’Aristote reprise par les penseurs médiévaux, l'univers est doté d'une
               organisation verticale, depuis Dieu au plus haut jusqu'aux objets inertes, situés au plus bas. Les plantes et les
               animaux qui composent l'alimentation se répartissent entre ces extrêmes. A cette hiérarchie vient s’ajouter une
               vision du cosmos organisée autour de quatre éléments eux-mêmes structurés selon une « grand chaîne de l’être ».
               Plantes et animaux dépendent de l'élément dont ils sont issus : le plus valorisé est le feu, puis l'air, l'eau et
               la terre. C’est ainsi que les volailles représentent les viandes les plus prisées, que les poissons sont plus
               appréciés que les quadrupèdes ; dans le domaine végétal, les fruits sont davantage prisés que les légumes qui
               poussent sous terre. </para>
                <para>Encore faut-il bien distinguer entre les feuilles poussant sur une tige, comme pour les choux ou les pois, et
               celles qui partent de la racine (épinard, salade), dites <emphasis>herbes</emphasis>. Les racines elles-mêmes,
               comme les carottes et les raves, viennent seulement ensuite car elles poussent sous la terre, ainsi que les bulbes,
               oignons, poireaux et aulx qui sont de loin les plus méprisés. </para>
                <para>Telles sont l’origine et la signification du terme <emphasis>racine</emphasis> au Moyen-Age ; terme
               dépréciateur, il désigne donc les plantes dont le bulbe souterrain est nourricier. Leur statut de relégation, quasi
                  <emphasis>diabolique</emphasis>, leur vaudra de servir de nourriture pour le bétail, aux dépens des humains
               souvent soumis à la disette et qui répugneront longtemps à se résoudre à avaler cette “nourriture pour les
               cochons”. </para>
                <figure>
                    <title>l'ail</title>
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                                        <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                    <copyright>
                                        <year>2015</year>
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                                    </copyright>
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                                        <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                        <holder>ENS de Lyon</holder>
                                    </copyright>
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                                    disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation
                                    Commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International</link>
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                        <caption>
                            <simpara>L’ail a une chaleur positive. Il pousse grâce à la force de la rosée. d’après Hildegarde de Bingen
                        (traité de la Physique) </simpara>
                        </caption>
                    </mediaobject>
                </figure>
                <para>Cette hiérarchie se vérifie dans les comptes alimentaires. Les élites consomment ainsi beaucoup de volatiles
               (volailles ou gibier à plumes), de fruits qui poussent sur des arbres en hauteur : image qui convient parfaitement
               aux classes <emphasis>élevées</emphasis> de la société. En revanche elles s'abstiennent à peu près complètement de
               légumes, laissés aux paysans et aux moines. Navets, poireaux, oignons, aulx, échalotes, mais aussi panais, maceron
               seront donc la base d’une alimentation végétarienne sous forme de porées et de potages. Manger “des racines et des
               herbes” devient le symbole d’humilité et d’ascèse. </para>
                <para>Par ailleurs, à l’abri des murs du monastère, les moines vont véritablement pratiquer une sélection des plantes
               et permettre la création d’une grande variété de légumes et de <emphasis>racines</emphasis>, dont certaines sont
               aujourd’hui redécouvertes : panais, carotte blanche, maceron... </para>
                <para>Même si l’alimentation paysanne se caractérise par une certaine monotonie, herbes et légumes n'en permettent pas
               moins aux cuisiniers d'élaborer des plats complexes et parfois précieux : pois au lard, lentilles aux œufs et aux
               fromages, <emphasis>porée</emphasis> de bettes ou d'épinards, potage d'herbes au bouillon gras… Les panais sont
               cuits en pâtés en croûte avec du poisson, et la compote de navets au miel est un plat de choix. Les céréales sont
               complétées par des légumineuses : pois chiches, fèves, et pois entrent, été comme hiver, dans la préparation de
               potages, de galettes et de bouillis. </para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>
                    <emphasis>Herbes et racines</emphasis> de prédilection au Moyen-Age :</title>
                <para>-<emphasis role="bold"> La carotte </emphasis> orange <emphasis role="bold"/>(<emphasis>Daucus
               carota</emphasis>) va s'imposer jusqu'à reléguer aux oubliettes les carottes violettes, blanches, roses et jaunes,
               sans compter le pauvre panais contemporain. Dès la fin du XVIIIème siècle, les carottes orange sont adoptées et le
               siècle suivant sera marqué par une profusion de nouveautés</para>
                <figure>
                    <title>La récolte des carottes</title>
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                        <caption>
                            <para>Récolte des carottes Tacuinum Sanitatis, XVe siècle Paris, BnF, Département des manuscrits, Latin 3054
                        fol. 9</para>
                        </caption>
                    </mediaobject>
                </figure>
                <para>-<emphasis role="bold"> Le panais </emphasis>
                    <emphasis>(</emphasis>
                    <emphasis>Pastinaca sativa)</emphasis> : partir à la source du panais revient à cerner celle de la carotte, même si
               ces deux plantes appartiennent bien à des genres différents. En effet l'utilisation des deux légumes commence par
               les récoltes d’espèces sauvages, avant leur culture et leur amélioration. </para>
                <figure>
                    <title>Le panais</title>
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                                        <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                    </copyright>
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                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
                                        </simpara>
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                                    <copyright>
                                        <year>2015</year>
                                        <holder>ENS de Lyon</holder>
                                    </copyright>
                                    <legalnotice>
                                        <simpara>
                                            <link xlink:href="https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/">Enregistrement mis à
                                    disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation
                                    Commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International</link>
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                        <caption>
                            <simpara>Le panais. La vertu du panais réside seulement dans sa graine et dans sa racine. Bouillie dans du
                        vin miellé, sa racine donne une décoction très efficace contre les affections de la rate et du foie, et
                        contre les douleurs des lombes. Bouillie dans du lait, elle donne une boisson très bonne contre l’asthme
                        et la dysenterie. […] Soit qu’on en mange, soit qu’on en porte sur soi, le panais est un talisman contre
                        les serpents. Macer Floridus Des Vertus des Plantes 1477 </simpara>
                        </caption>
                    </mediaobject>
                </figure>
                <para>-<emphasis role="bold"> Le céleri-rave </emphasis>(<emphasis>Apium graveolens</emphasis>) : aussi appelé l'Apium
               du peuple, il est le résultat de la transformation de l'ache sauvage. Le grossissement de la base de la tige et du
               haut de la racine a débouché sur le céleri-rave qui n'a cessé de s’améliorer sous les effets de la culture. Il a
               été cultivé depuis des temps reculés, il a été qualifié de nouveau légume, il est en réalité plus ancien que le
               céleri à côtes.</para>
                <para> -<emphasis role="bold"> Le céleri à côtes</emphasis> (<emphasis>Apium graveolens-Apiacées</emphasis>) :
               l'émergence du céleri illustre parfaitement l'évolution radicale qui mène d'une plante sauvage peu attractive, pour
               ne pas dire rebutante, à un légume parfaitement domestiqué et apprécié. L'Ache odorante était utilisée par les
               Grecs et les Romains comme plante funéraire, et rapidement elle gagna un statut de plante médicinale ; ce fut même
               son seul usage pendant plus d'un millénaire, bien que Pline signale la consommation de ses feuilles blanchies, une
               pratique sans doute marginale.</para>
                <figure>
                    <title>Récolte de céleris</title>
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                        <caption>
                            <para>récolte de céleris Tacuinum Sanitatis, XVe siècle Paris, BnF, Département des manuscrits, Latin 9333
                        fol. 24</para>
                        </caption>
                    </mediaobject>
                </figure>
                <para>-<emphasis role="bold"> L’artichaut</emphasis>
                    <emphasis>(Cinara scolymus)</emphasis> : il fut apparemment découvert en Afrique du Nord, son origine est
               douteuse... Le légume serait resté cantonné à l'Afrique du Nord. Il disparaît en effet des relations et jusqu'au
               Moyen-Age on trouve trace uniquement des carduis, cardes et cardons qui sont des plantes spontanées dans toute la
               région méditerranéenne.</para>
                <para> -<emphasis role="bold"> Le navet</emphasis>
                    <emphasis>(Brassica rapa)</emphasis> : il est connu des romains et considéré tantôt un légume noble, tantôt
               dédaigné au point qu'on le jetait sur les gens en signe de mépris. C'est sans doute de la Méditerranée que le navet
               a essaimé dans toute l'Europe. Il pousse facilement dans les terres les plus ingrates et sert de nourriture de base
               aux hommes et aux animaux domestiques.</para>
                <para> -<emphasis role="bold"> Le radis</emphasis>
                    <emphasis>(Raphanus sativus)</emphasis> : avant de remonter à son origine, il est bon de préciser les différents
               types de ce légume. Le mot évoque tout de suite les petites racines rouges et blanches vendues en bottes, ce sont
               les radis de tous les mois. Mais il existe aussi des radis d'été, moins prisés, qui ressemblent à des
               navets.</para>
                <para> -<emphasis role="bold"> Le maceron</emphasis>
                    <emphasis>(Smyrlium olusatrum)</emphasis> : est une plante bisannuelle qui est entièrement comestible. Il se
               rencontre sur tout le litoral atlantique et méditéranéen. C'est une plante fortement aromatique au goût semblable à
               celui du céleri.</para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Un ragoût typique des Taïnos</title>
                <para>La mauvaise réputation des <emphasis>racines</emphasis> trouvera encore une espèce de justification à l’occasion
               de la découverte du Nouveau Monde. En abordant l'Amérique par les Antilles, les Espagnols sont entrés en relation
               avec les Taïnos. Chasseurs, pêcheurs et cueilleurs, ils cultivent aussi une énorme racine, le manioc et préparent
               cette racine toxique pour en faire « le médiocre, le dangereux <emphasis>pan cazabe</emphasis> ou pain de cassave.
               Les Taïnos et leurs autres proches voisins des Caraïbes, les Arawaks, préparent la racine de différentes façons,
               bouillie, rôtie, en gâteau de tapioca, ou encore réduite en farine et façonnée en pain : ils savent réserver le
               poison de l’écorce pour leurs flèches. Les Espagnols étaient-ils pressés par la faim, ou bien aveuglés par un
               évident sentiment de supériorité culinaire ? Toujours est-il qu'ils ont négligé, dans un premier temps, le
               savoir-faire des Indiens. Cette négligence a eu un coût, et le passage du pain de blé à la farine de manioc se
               révéla catastrophique, avant de faire au pain de cassave, de longue conservation, le pain des expéditions au long
               cours. Les premières intoxications avaient, d’abord, assis l’idée des risques associés aux racines… La pomme de
               terre connaîtra une difficile acclimatation, mais ceci est une autre histoire.</para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Répartition du potager au Moyen-Age</title>
                <para>A cette époque, le jardin est divisé en plusieurs espaces carrés. Il a la forme d'un damier. Chaque carré est
               délimité par des plessis et a une spécificité : le carré des légumes, celui des plantes médicinales, celui des
               plantes tinctoriales, le carré des cucurbitacées, végétaux plus exubérants, le carré des fleurs réservées au culte
               de la Vierge appelé aussi « Le jardin de Marie », enfin le carré des plantes magiques. Un lieu est souvent réservé
               aux arbres fruitiers. Des allées séparent les carrés. Une source d'eau est indispensable à tout jardin, elle est le
               symbole de la vie. Les plates-bandes élevées apparaissent pour la première fois dans les pays arabes en raison de
               la facilité qu'elles représentent pour l'irrigation. Les Arabes les utilisent dans les jardins d'Espagne et les
               font ainsi connaître aux Occidentaux.</para>
                <para>L'origine de chaque légume n'est pas facile à établir, encore que les possibilités d'analyse génétique de ces
               dernières décennies ont permis de dénouer bien des écheveaux . Malgré certaines zones d'ombre persistantes, on
               connaît aujourd'hui l'histoire de nos légumes dans les grandes lignes. Notre civilisation puise ses racines dans le
               monde grec et romain, il est normal que la source de nos légumes s'y trouve aussi et qu'une des grandes voies de
               leur divulgation emprunte l'expansion de l'empire romain. </para>
                <para>La deuxième source de diversification sera amenée par les Arabes, habiles agriculteurs et techniciens, et
               formidables passeurs entre l'Extrême-Orient et l'Orient. Cet héritage déjà conséquent occupera nos ancêtres
               jusqu'après le Moyen-Age, et une dernière vague de nouveaux légumes viendra de la découverte du Nouveau Monde. La
               recherche des origines des légumes repose beaucoup sur les descriptions et les utilisations rapportées dans les
               écrits. </para>
                <para>Outre leurs fonctions nutritives, les herbes et les <emphasis>racines </emphasis>étaient aussi utilisées pour
               des vertus médicinales. Les penseurs du Moyen-Age vont en effet croiser la théorie aristotélicienne de la
               hiérarchie des éléments auxquels ils vont associer des humeurs (sang, bile jaune et bile noire, pituite) avec les
               propriétés symboliques attribuées aux plantes. Ainsi l’humidité des cucurbitacées pouvait-elle servir à guérir la
               fièvre.</para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Bibliographie</title>
                <para>Brochures de la Tour Jean Sans Peur : <emphasis role="underline">La cuisine au Moyen-Age</emphasis>
                </para>
                <para>Brochures de la Tour Jean Sans Peur : <emphasis role="underline">A table au Moyen-Age</emphasis>
                </para>
                <para>
                    <emphasis role="underline">Histoires des peurs alimentaires</emphasis>, Madeleine Ferrières, Seuil, Points
               Histoire, 2002</para>
                <para>
                    <emphasis role="underline">Tous les jardins du monde</emphasis>, Gabrielle Van ZUYLEN, Gallimard, coll.
               Découvertes, Paris 1994, pp. 33-35 </para>
                <para>
                    <emphasis>Jardin monastique, jardin mystique. Ordonnance et signification des jardins
                  monastiquesmédiévaux</emphasis>, Bernard BECK, in <emphasis role="underline">Revue d’Histoire de la
                  Pharmacie</emphasis>, 2000, volume 40, n°327, pp. 377-394</para>
                <para>
                    <emphasis role="underline">Le Potager du Moyen-Age</emphasis> Josy Marty-Dufaut, Autres temps médiéval, 2012</para>
                <para>
                    <emphasis role="underline">Histoires de potagers</emphasis>, Serge Schall, Editions Plume de carotte, 2013</para>
            </sect2>
        </sect1>
        <sect1>
            <title>Les épices et les condiments au Moyen-Age</title>
            <sect2>
                <title>Epices, aromates et condiments</title>
                <para>Depuis l'Antiquité, les épices ont tenu un rôle capital dans de nombreuses civilisations pour parfumer les mets
               et soigner les hommes. Au fil du temps l'ouverture de nouvelles routes maritimes, la découverte de nouveaux
               territoires, les grandes invasions, les croisades ont enrichi la connaissance et la diversité des herbes et des
               épices (écorces, racines, feuilles, fleurs, gousses, graines et fruits), originaires de l'Inde, de l'Afrique
               tropicale, de l'Amérique. </para>
                <para>Au Moyen-Age, les épices sont associées au luxe et se répandent lentement dans la société : employées comme
               condiments pour relever la saveur des mets, elles servent aussi à parfumer les boissons et sont la marque de la
               table des seigneurs ; elles ont en outre des fonctions médicinales, comme par exemple activer les fonctions de
               l'estomac. Après les grands voyages de Christophe Colomb et de Magellan, les routes commerciales vont s'ouvrir aux
               Européens qui bravaient les dangers de la navigation pour aller en chercher dans les contrées éloignées.
               Aujourd’hui, on les trouve en abondance dans tout marché digne de ce nom. </para>
                <para>
                    <emphasis role="bold"/>Epices, aromates et condiments : place et rôles au Moyen-Age<emphasis role="bold"/>
                </para>
                <para>
                    <emphasis role="italic">Épices</emphasis> vient du latin <emphasis>species</emphasis>, désignant les denrées
               spéciales. Le terme est apparu en français au XIIème siècle en concurrence avec aromate puis s'emploie dans
               l'expression <emphasis role="italic">pain d'épices</emphasis> pour désigner un mélange de girofle, de muscade, de
               poivre noir, de cannelle ou de gingembre. Les épices sont des produits agricoles issus de cultures ou de
               cueillettes dans la nature. Elles peuvent être issues d’écorces (cannelle), de fleurs (safran, clou de girofle), de
               feuilles (thé, aneth), de fruits (poivre), de bulbes (oignon, gingembre) ou de graines (fenouil, coriandre). Elles
               contiennent des substances organiques volatiles, appelées arômes.</para>
                <figure>
                    <title>Le Banquet des vœux de Paon de Jean Wauquelin (atelier de Mons) 1448-1449</title>
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                        <caption>
                            <para>Bibliothèque nationale de France, Manuscrits, Français 9342 fol. 55v</para>
                        </caption>
                    </mediaobject>
                </figure>
                <para> Par ailleurs, le terme <emphasis role="italic">Condiment</emphasis>, apparaît dans la langue vers la fin du
               XIIème siècle ; selon le <emphasis role="italic">Dictionnaire historique de la langue française </emphasis>d'Alain
               Rey, il n'a pas d'étymologie établie mais se rattache au verbe latin <emphasis role="italic">condire </emphasis>«
               confire, mariner, assaisonner » ; en cuisine, le sens du mot est assez vague par rapport à <emphasis role="italic">aromate</emphasis>. </para>
                <para>Le Condiment est donc comme les épices aussi une substance destinée à assaisonner. Il se présente le plus
               souvent en préparations culinaires (sauces et bouillons), et sert à rehausser la saveur des mets. Il rend compte de
               l'évolution des goûts selon les époques (prépondérance des saveurs acidulées et piquantes au Moyen-Age connue par
               l'usage privilégié du fameux <emphasis role="italic">verjus</emphasis>, suc acide que l'on extrayait d'un gros
               raisin qui mûrit imparfaitement ou de tout autre raisin cueilli avant maturité, employé autrefois dans les sauces,
               la préparation de sirops et encore aujourd'hui dans la préparation de la moutarde).</para>
                <para/>
                <figure>
                    <title>le verjus</title>
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                                        <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
                                        </simpara>
                                    </legalnotice>
                                    <copyright>
                                        <year>2015</year>
                                        <holder>ENS de Lyon</holder>
                                    </copyright>
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                                        <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                    <copyright>
                                        <year>2015</year>
                                        <holder>ENS de Lyon</holder>
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                                    disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation
                                    Commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International</link>
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                        <caption>
                            <simpara>Sauce verte (le célèbre verjus). Broyez bien du gingembre, un clou de girofle et de la graine de
                        paradis et ôtez du mortier. Broyez du persil, de la benoîte, de l’oseille, de la marjolaine - ou l’un des
                        quatre ou deux des quatre – avec de la mie de pain trempée dans du verjus ; passez à l’étamine et broyez
                        une nouvelle fois. Passez une deuxième fois à l’étamine, mélangez et assaisonnez avec du vinaigre.
                        Certains, en manière d’épices, ne mettent que du romarin. Le Mesnagier de Paris, recueil anonyme du XIVè
                        s. </simpara>
                        </caption>
                    </mediaobject>
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                    <title>la sauce moutarde</title>
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                                        <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                        <holder>ENS de Lyon</holder>
                                    </copyright>
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                                        <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                    disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation
                                    Commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International</link>
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                        <caption>
                            <simpara>Sauce moutarde. Si vous voulez faire de la moutarde rapidement, broyez du sénevé dans un mortier,
                        délayez avec du vinaigre et passez à l’étamine. Si vous voulez la consommer tout de suite, mettez-la dans
                        un pot devant le feu. Si vous voulez qu’elle soit meilleure et si vous avez davantage de temps, mettez le
                        sénevé pendant une nuit entière dans du bon vinaigre, enlevez-le puis broyez-le au moulin et peu à peu
                        rajoutez du vinaigre. S’il vous reste des épices, broyez-les et attendez que la moutarde se fasse. D’après
                        Le Mesnagier de Paris, recueil anonyme du XIVè s. </simpara>
                        </caption>
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                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                        <caption>
                            <simpara>Sauce saupiquet. Faites revenir des oignons avec du lard. Emincez-les et faites-les cuire dans la
                        lèchefrite avec du bouillon de bœuf. Attendez l’ébullition pour ajouter le verjus ou le vinaigre ;
                        mettez alors moitié verjus moitié vin, un peu de vinaigre ainsi que des épices et mettez dans la
                        lèchefrite sous le lapin. Le Mesnagier de Paris, recueil anonyme du XIVè s. </simpara>
                        </caption>
                    </mediaobject>
                </figure>
                <para>De tout temps, les épices pimentent la nourriture et même la vie des hommes. Elles jouent un rôle important dans
               l’histoire culinaire, culturelle voire scientifique. Elles fascinent par leurs parfums, leurs saveurs et leurs
               vertus médicinales. Il leur est même attribué des pouvoirs magiques et aphrodisiaques.</para>
                <para>Les gens de l'époque médiévale sont passionnés par les couleurs et sont sensibles à l'esthétique du plat. Au
               Moyen-Age les épices, comme le safran, servent de colorant autant que d'exhausteurs de goût. Ainsi les sauces et
               les boissons qui accompagnent les plats doivent réjouir l’œil. Les ingrédients prédominants sont le safran pour
               obtenir le jaune, le jus de persil pour le vert, le tournesol pour le violet et aussi le bois de santal pour le
               rouge, couleur très estimée.</para>
                <para>L'épice n'est pas seulement une affaire de vue mais devient une affaire de goût digne du Jardin d’Éden.</para>
                <para>La forte utilisation des épices est l’une des grandes caractéristiques de la cuisine médiévale. Selon les
               historiens, trois recettes sur quatre en contiennent. En particulier au XIIIe siècle ces épices sont employées avec
               abondance dans la cuisine des nobles, lors des repas de fêtes. Les épices les plus consommées à l’époque médiévale
               sont le poivre rond, le gingembre, la cannelle, le clou de girofle et le safran et de manière plus anecdotique le
               galanga, la graine de paradis, la muscade et la cardamome. </para>
                <para>Un goût de paradis, c’est ce qu’apportent les épices à un plat, au Moyen-Âge : ces aliments ne viennent-ils pas
               en effet de l'autre bout du monde, des contrées merveilleuses où se situe l'Éden ? </para>
                <para>Ils sont même évoqués dans <citetitle>Le Cantique des cantiques</citetitle> qui parle d'un jardin où poussent <citation>
                        <emphasis role="bold">« le nard et le safran, la canne odorante et le cinnamome, avec toutes sortes d'arbres
                     d'encens ; la myrrhe et l'aloès, avec tous les plus excellents aromates »</emphasis>
                    </citation>
                </para>
                <para> Présentes à la fin du Moyen Âge dans les trois quarts des recettes de la haute société mais aussi dans les
               confiseries, gâteaux (le fameux pain d'épices) et boissons, ces miettes de plantes sont devenues un signe de
               réussite sociale : plus on est riche, plus les aliments sont épicés ! </para>
                <para> Les épices jouent un rôle également dans le domaine plus médical. Ainsi on utilise le piment pour ouvrir
               l'appétit, puis la cannelle pour faciliter la digestion et quand le repas s'avère vraiment trop éprouvant le clou
               de girofle est requis pour calmer la douleur.</para>
                <para>Leur utilisation culinaire qui se confondait alors avec leur usage médical - puisqu'il y avait à cette époque
               des épiciers apothicaires - a suscité de nombreuses questions. Servaient-elles à conserver les aliments ? À masquer
               le goût de gibiers ou des viandes faisandées ? Ou à soigner les consommateurs de certains maux liés à la digestion
               (parasites intestinaux et coliques, reviennent constamment dans les symptômes décrits) ? Les réponses diffèrent
               selon les historiens des coutumes ; on peut retenir que l'idée d'une nourriture plus ou moins avariée dont le goût
               serait caché par les épices est en passe d'être combattue au profit de la reconnaissance d'un goût propre à
               l'époque. </para>
                <para>L’apothicaire, ou l’épicier, ou <emphasis role="italic">speciarus</emphasis>, profession émergente, joue un rôle
               dans l'évolution cette prédilection. Les herbes, "les drogues" ( du hollandais <emphasis>drugg </emphasis>sec) et
               les épices ont toujours nourri les rêves et entretenu les comptes. Elles furent l’objet d’une curiosité
               particulière puis d’un engouement et d’un commerce aussi actif que lucratif ; la cause aussi de grandes rivalités
               entre marchands. </para>
                <para> </para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>La naissance du commerce des épices</title>
                <para>Déjà dans l'Antiquité, l’Égypte pharaonique était friande d'épices. La reine Haschepsout a organisé une
               expédition au pays de Pount (Arabie Saoudite et côte somalienne) pour trouver ces denrées précieuses. Plus tard,
               les Crétois puis les Romains ont également fait du commerce très dynamique pour se les procurer .</para>
                <para> En 642, Alexandrie tombe aux mains des Arabes. Il en résulte un amenuisement temporaire du commerce entre
               l’Occident et l’Orient. Les épices alors rares deviennent un luxe réservé aux palais royaux et aux monastères.
               Cette situation dure environ 400 ans. Les épices les plus rares comme le poivre servent de monnaie d’échange, d'où
               l'expression utilisée au Moyen-âge <citation> « <emphasis role="bold">cher comme poivre</emphasis> ».</citation> Le
               poivre pouvait servir non seulement de monnaie d'échange mais il intervenait aussi dans les procès : les plaideurs
               avaient l'habitude d'en faire cadeau au juge. C'étaient<emphasis role="italic">"les épices de
               chambre"</emphasis>dont l'usage devait durer durant tout l'Ancien Régime. </para>
                <para> Le commerce des épices était initialement pratiqué par voie terrestre, mais l'ouverture des routes maritimes
               entre l'Europe et l'Asie conduisit à une croissance extraordinaire. Au Moyen-Âge, les négociants musulmans
               dominèrent les routes maritimes à travers l'océan Indien, exploitant les ressources d'Extrême­Orient et convoyant
               les épices de leurs entrepôts en Inde vers l'ouest par le golfe Persique et la mer Rouge, puis par diverses routes
               terrestres.</para>
                <para> A partir du XIème siècle, les croisades développant les relations Orient-Occident assurent un approvisionnement
               plus important en épices qui deviennent plus accessibles. Les Arabo-musulmans alimentent les plaques tournantes de
               ce commerce que sont Gênes et Venise. </para>
                <para> Pour le royaume de France, elles étaient vendues dans les foires et dans les ports comme Marseille ou
               Aigues-Mortes près de Montpellier.</para>
                <para> L'audace de Christophe Colomb, arrivé aux Antilles en 1492, s'avère peu payante : nulle trace de muscade ou de
               cannelle dans ce coin du globe ! Il faudra se contenter de piment, avant que Cortès ne mette la main sur des lianes
               de vanille. Vasco de Gama quant à lui part vers l'est et finit par atteindre la <emphasis role="italic">« côte des
                  épices »</emphasis> de Malabar (sud-ouest de l'Inde) en 1498.</para>
                <figure>
                    <title> Christophe Colomb</title>
                    <mediaobject>
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                        <caption>
                            <para>Portrait à l’huile sur bois, attribué à Ridolfo del Ghirlandaio, </para>
                            <para>vers 1525, Museo civico-navale de Genove-Pegli (Aldo Durazzi).</para>
                        </caption>
                    </mediaobject>
                </figure>
                <para>Après 40.000 km et 2 ans et demi, il peut enfin remplir à ras bords ses cales avec les marchandises odorantes de
               Calicut. Les Portugais vont s'y installer, s'emparant de Goa avant Malacca (Malaisie) puis Ormuz, à l'entrée du
               golfe Persique, élan qui va les mener jusqu'à Nagasaki au Japon ! ils seront les maîtres de la route des épices
               pour longtemps!</para>
                <para> Les échanges furent totalement transformés par les grandes découvertes des Européens qui placèrent le commerce
               des épices au premier rang des objectifs des négociants européens. L'ouverture de la route d'Europe vers l'Inde par
               le cap de Bonne­ Espérance par Vasco de Gama à la fin du XV<superscript>ème</superscript> siècle, révolutionna les
               modalités et l'ampleur du commerce. Plus encore, ce commerce conduisant l'économie vers les temps modernes,
               déclencha une période de domination de l'Orient par les pays européens, Portugal d'abord, puis Pays­Bas, Angleterre
               et France, confiant cette tâche aux différentes <emphasis>Compagnies des Indes</emphasis>.</para>
                <para> Le Commerce des épices crée notamment à cette époque-là un trafic étonnant appelé « négoce à distance » entre
               le Portugal et l’Afrique visant à échanger une montagne d’or contre une montagne de sel permettant à chacun d’y
               trouver son avantage. Les mines africaines débordaient d’or mais les populations ne parvenaient pas à conserver
               durablement leurs nourriture sans sel, les Portugais troquaient eux volontiers leur surplus de sel contre de l’or,
               ce qui permettait à ce petit pays encerclé par l’Espagne de trouver des ressources financières non
               négligeables.</para>
                <para> De nombreux découvertes archéologiques sont actuellement faites, et mettent clairement en évidence l’importance
               de ce commerce. Les bateaux étaient d’ailleurs conçus pour contenir un maximum de biens sans pour autant rechercher
               la vitesse. Ces bateaux, avant la découverte des Amériques, pratiquaient le cabotage, soit l’acheminement de
               marchandises de ports en ports.</para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Epices importées des quatre coins du monde</title>
                <sect3>
                    <title>Epices importées d'Inde </title>
                    <para>-<emphasis role="bold"> La Cannelle</emphasis> : Elle est issue du cannelier dont l’écorce intérieure des
                  branches une fois séchée forme les bâtonnets de cannelle. Utilisée par les Romains comme médicament, elle
                  apparaît dans la cuisine à partir du IXe siècle. Dans les recettes de la fin du Moyen-Âge, elle est souvent
                  associée au gingembre.</para>
                    <figure>
                        <title>la cannelle</title>
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                                            <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                       Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                            <year>2015</year>
                                            <holder>ENS de Lyon</holder>
                                        </copyright>
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                                            <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
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                                       disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation
                                       Commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International</link>
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                            <caption>
                                <simpara> La cannelle est très chaude et possède des propriétés puissantes. Si on a la tête lourde et
                           pesante, si l’on éprouve des difficultés à inspirer ou expirer, on réduit de la cannelle en poudre que
                           l’on mélange dans de la mie de pain ou bien on met de la poudre de cannelle dans la main pour la
                           lécher : cela dissout les humeurs mauvaises qui bloquent la tête. d’après Hildegarde de Bingen
                           (traité de la Physique) </simpara>
                            </caption>
                        </mediaobject>
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                    <para>-<emphasis role="bold"> La Cardamome </emphasis>: Les graines de cardamome, selon les variétés beiges, vertes
                  ou brunes proviennent d’une plante à rhizome originaire d’Inde. La mastication de ces graines purifie
                  l’haleine.</para>
                    <para>- <emphasis role="bold">Le Curcuma</emphasis> : Parfois appelé safran des Indes, il est utilisé en Occident
                  dès l’Antiquité. C’est une plante à rhizome, dont la racine d’un jaune soutenu est séchée, puis réduite en
                  poudre. Au Moyen-Âge, il est surtout utilisé pour colorer les plats.</para>
                    <para>-<emphasis role="bold"> Le gingembre</emphasis> : Plante à rhizome, dont la racine se consomme fraîche ou
                  séchée. Peu utilisé par les Romains, on le retrouve dans le quart des recettes du Moyen Âge. Consommé frais,
                  séché ou confit, il purifie l’haleine et aide à la digestion.</para>
                    <figure>
                        <title>le gingembre</title>
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                                            <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                       Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
                                            </simpara>
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                                        <copyright>
                                            <year>2015</year>
                                            <holder>ENS de Lyon</holder>
                                        </copyright>
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                                            <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                       Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                            <holder>ENS de Lyon</holder>
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                                       disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation
                                       Commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International</link>
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                            <caption>
                                <simpara> Le gingembre est très chaud et se diffuse rapidement. Une personne grasse et en bonne santé n’a
                           pas intérêt à en manger car le gingembre la rendrait stupide, tiède et lascive. Mais une personne
                           affaiblie pourra prendre du gingembre réduit en poudre dilué dans une boisson ou incorporé à du pain.
                           d’après Hildegarde de Bingen (traité de la Physique) </simpara>
                            </caption>
                        </mediaobject>
                    </figure>
                    <para>- <emphasis role="bold">Le Poivre rond</emphasis> : Il provient du<emphasis> piper nigrum</emphasis>, une
                  liane grimpante originaire de la côte de Malabar en Inde du sud. On distingue le poivre noir, dont la baie est
                  cueillie avant maturation puis séchée au soleil, le poivre blanc, dont la baie est cueillie à maturité, et le
                  poivre vert, dont la baie n’est pas mûre. Au Moyen-Âge, ces poivres portent l’appellation de poivre rond. Assez
                  bon marché, c’est avec le gingembre l’épice la plus consommée.</para>
                    <para>-<emphasis role="bold"> Le Poivre long</emphasis> : Issu du <emphasis>piper longum</emphasis>, c’est une
                  petite grappe noire et dure de deux à trois centimètres de long formée de grains minuscules à la saveur très
                  piquante. Originaire d’Asie du sud-est, il fait partie du cercle très fermé des "menues épices" et se consomme
                  avec modération.</para>
                </sect3>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Epices importées d'Indonésie</title>
                <para>- <emphasis role="bold">Le Clou de girofle</emphasis> : Bouton de la fleur du giroflier, arbre originaire des
               îles Moluques en Indonésie. Antiseptique, il est utilisé au Moyen Âge contre les maux d’estomac mais aussi en
               poudre dans la cuisine, mélangé au gingembre et à la cannelle.</para>
                <para>- <emphasis role="bold">Le Macis</emphasis> : Ce terme désigne l’enveloppe fibreuse et orangée qui entoure le
               fruit du muscadier : la noix de muscade. Son goût est proche de cette dernière et ressemble aussi à celui de la
               cannelle.</para>
                <para>- <emphasis role="bold">La Noix de muscade </emphasis>: Utilisée râpée, on la retrouve fréquemment dans les
               recettes médiévales.</para>
                <figure>
                    <title>la noix de muscade</title>
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                                        <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                        <holder>ENS de Lyon</holder>
                                    </copyright>
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                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
                                        </simpara>
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                                        <holder>ENS de Lyon</holder>
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                                    disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation
                                    Commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International</link>
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                        <caption>
                            <simpara> La noix de muscade a une grande chaleur et un heureux équilibre de ses propriétés. Celui qui
                        consomme de la noix de muscade ouvre son cœur, purifie ses sens et en retire de bonnes dispositions.
                        d’après Hildegarde de Bingen (traité de la Physique) </simpara>
                        </caption>
                    </mediaobject>
                </figure>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Epices importées de Chine</title>
                <para>- <emphasis role="bold">La Badiane ou Anis étoilé</emphasis> : De la famille des magnoliacées, elle est
               originaire du sud de la Chine. Le fruit a la forme d’une étoile à huit branches à la saveur anisée. Au Moyen-Âge,
               pendant le "boute hors" (fin du repas), on la mastique afin de rafraîchir et purifier son haleine.</para>
                <para>- <emphasis role="bold">Le Galanga </emphasis>: Parfois appelé garingal. C’est une plante à rhizome souvent
               confondue avec le gingembre dont elle a l’apparence et le goût par son piquant bien que moins citronné. Epice
               consommée à partir du XIVe siècle, elle est assez peu employée.</para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Epices importées d'Afrique</title>
                <para>- <emphasis role="bold">La graine de paradis ou Maniguette</emphasis> : C'est une petite graine noire à chair
               blanche à la saveur très poivrée contenue dans le fruit en capsule de l’<emphasis>Amonum meleguetta</emphasis>. Sa
               mode au XVe siècle est aussi spectaculaire que passagère. Elle attire les aristocrates par son prix très élevé ; il
               l’utilise à la place du poivre rond jugé trop populaire. Les marchands français ignorant qu’elle venait d’Afrique
               l’ont appelé graine de paradis car on croyait les épices originaires d’Orient et l’on imaginait ce dernier proche
               du paradis terrestre.</para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Epices récoltées en Europe</title>
                <para>- <emphasis role="bold">Le Cumin</emphasis> : Plante herbacée originaire de la vallée du Nil, utilisée dès
               l’Antiquité comme médicament par les Égyptiens. Très fréquent dans la cuisine romaine, il est au Moyen-Âge
               davantage employé à des fins médicinales et se trouve très fréquemment dans les jardins de simples des monastères
               où il fut acclimaté avec succès. On utilise ses graines entières ou réduites en poudre.</para>
                <para>- <emphasis role="bold">Le Safran</emphasis> : Son nom vient de l’arabe <emphasis>safaran </emphasis>qui
               signifie jaune. Le safran correspond aux stigmates du pistil de la fleur du crocus. Les arabes introduisent sa
               culture en Espagne, et on le cultive dès le Xe siècle en France, mais le plus estimé venait du Cachemire ou du
               Népal. <figure>
                        <title>Récolte du safran</title>
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                            <caption>
                                <para>IBN BUTLÂN , Tacuinum sanitatis Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Latin
                           9333 folio 37V</para>
                            </caption>
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                    </figure>
                </para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Sources : Livres et Site sur les épices et condiments</title>
                <para>
                    <citetitle>L'imaginaire et les aliments</citetitle>, Perrine Meine, Bruno Laurioux, François Juhel. 2002, éditions
               Bibliothèque nationale de France dans Expositions virtuelles de la BNF.</para>
                <para>
                    <citetitle>Le goût a une histoire</citetitle> Jean-Louis Flandrin. Paru en février 2003</para>
                <para>
                    <citetitle>Le viandier associé à Guillaume Tirel</citetitle>, d'après l'édition de 1486, Pau, Éditions Manucius,
               coll. «Livres de bouche», 2001. C'est un livre de recettes françaises de la fin du Moyen Âge, Guillaume Tirel dit
               Taillevent, cuisinier des rois de France Charles V et Charles VI, mais dont le plus ancien manuscrit connu, celui
               de Sion, daté de la première moitié du XIVe siècle, prouve qu'il lui est antérieur. Le Viandier est, avec le
               Mesnagier de Paris, un ouvrage de référence pour la cuisine médiévale française. </para>
                <para>
                    <citetitle>Les règles d'or des épices</citetitle>, recettes et récits de Ethné et Philippe de Vienne</para>
                <para>
                    <citetitle>Le Mesnagier de Paris</citetitle> Vers 1393, un bourgeois de Paris, riche et vieillissant, écrit pour sa
               très jeune épouse un ouvrage qui mêle l'instruction religieuse et morale, des conseils d'économie ménagère et (ce
               qui a fait sa gloire) des recettes de cuisine très nombreuses et très détaillées : c'est Le Mesnagier de Paris. On
               mesure l'intérêt d'une telle illustration pour la connaissance des mentalités, de la sensibilité, de la vie
               quotidienne à la fin du Moyen Age. Voici, accessible à tous, un texte essentiel et passionnant, susceptible
               d'intéresser les amateurs d'histoire aussi bien que de gastronomie. Traduction et notes de Karin Veltschi,
               professeur à l'Institut universitaire Saint-Melaine de Rennes.</para>
                <para>
                    <citetitle>Écrits et images de la gastronomie médiévale</citetitle>, Bruno Laurioux Editeurs : Bibliothèque
               nationale de France.</para>
                <para>
                    <citetitle>Herbes, Drogues et Épices en Méditerranée</citetitle>, Georges J. Aillaud, Patrick Boulanger, Marcel
               Courdurie</para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Sitographie</title>
                <para>Hérodote.net</para>
                <para> http://www.voyageurs-du-temps.fr/</para>
                <para>Utilisation-et-usage-des-epices-et-plantes-aromatiques-medicinales-a-l-epoque-du-moyen-age-medieval_863.html
               http://medieval.mrugala.net/</para>
                <para>Alimentation/Histoire%20des%20epices.htm</para>
            </sect2>
        </sect1>
        <sect1>
            <title>Les festins médiévaux</title>
            <para>Le jardin d’Éden est le premier jardin de l'histoire. Il apporte nourriture et esthétique. Au Moyen-Age, le jardin
            est le plus souvent un potager, apportant nourriture aux paysans et aux seigneurs. La société du Moyen-Age est
            hiérarchisée ainsi que les quatre éléments classés eux aussi de façon hiérarchique : l'air (se rapprochant du divin),
            le feu, l'eau et la terre (se rapprochant du diable). Ainsi les seigneurs ne consomment-ils que des aliments venant de
            préférence de l'air, et les aliments venant de la terre sont réservés aux paysans. Le repas médiéval est complètement
            lié au calendrier liturgique qui distingue jours gras et jours maigres et où la consommation de viande est interdite.
            Systématiquement, pendant tout le Moyen-Âge, l’Église a imposé le jeûne et interdit les relations sexuelles pendant
            les jours maigres. Cela représente environ 180 jours de jeûne par an mais cet interdit a quelques variantes locales et
            des dispenses : pour les jeunes fidèles, les malades et les femmes enceintes. </para>
            <sect2>
                <title>L'ordre</title>
                <para>Premièrement on comptait deux repas par jour. Le petit déjeuner était réservé aux enfants et aux malades. Le
               déjeuner se prenait entre 10 et 11 heures du matin, tandis que le repas du soir était servi entre 16 et 19 heures.
               Les repas des paysans étaient cependant rythmés par les travaux des champs. Le repas commençait par des salades ou
               des fruits frais de saison afin de préparer l'estomac à recevoir des plats plus riches ; ce sont les
                  <emphasis>ouvres bouches</emphasis>. Les <emphasis>brouets ou potages</emphasis> sont des mets liquides chauds à
               base de céréales. Le plat principal se composait de viandes rôties accompagnées de sauces diverses, c'est le
                  <emphasis>rôt</emphasis>. </para>
                <para>La <emphasis>desserte</emphasis> est l'équivalent de notre dessert. On y servait divers plats sucrés comme des
               gâteaux, des tartes, ou des flans.</para>
                <para> L'<emphasis>issue de table</emphasis> se composait de fromages et de gâteaux légers. Ces aliments étaient
               destinés à fermer l'estomac pour activer la digestion. Tous ces aliments étaient accompagnés d'hypocras (produit
               issu de la macération à froid de vin, rouge ou blanc, de cannelle, de gingembre, de miel et d'eau de rose) . </para>
                <para>Le <emphasis>boute-hors </emphasis>était la dernière partie du festin et se prenait dans une autre pièce et
               consistait en diverses douceurs et épices (dragées, coriandre ou gingembre confit) dont la mastication aide à la
               digestion et purifie l'haleine. </para>
                <figure>
                    <title>la pâte de coings</title>
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                                        <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                    <copyright>
                                        <year>2015</year>
                                        <holder>ENS de Lyon</holder>
                                    </copyright>
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                                        <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
                                        </simpara>
                                    </legalnotice>
                                    <copyright>
                                        <year>2015</year>
                                        <holder>ENS de Lyon</holder>
                                    </copyright>
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                                            <link xlink:href="https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/">Enregistrement mis à
                                    disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation
                                    Commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International</link>
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                        <caption>
                            <simpara>Pâte de coings. Prenez des coings, pelez-les. Fendez-les par quartiers, enlevez le cœur et les
                        pépins. Faites-les cuire dans du bon vin rouge et passez-les à l’étamine. Puis faites longuement bouillir
                        du miel et écumez ; plongez-y les coings et remuez soigneusement. Faites bouillir jusqu’à ce que la
                        préparation réduise de moitié. Ajoutez de la poudre d’hypocras et remuez jusqu’à ce que le mélange
                        refroidisse. Coupez en morceaux et conservez. Le Mesnagier de Paris, recueil anonyme du XIVè s. </simpara>
                        </caption>
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                <figure>
                    <title>Histoire de Renaud de Montauban, Bruges, 1468-1470</title>
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                        <caption>
                            <para>Paris, BnF, Arsenal, manuscrit 5073 fol. 148</para>
                        </caption>
                    </mediaobject>
                </figure>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Un fonctionnement hiérarchique</title>
                <para>Les aliments étaient aussi hiérarchisés d'après l'ordre des éléments : venant des airs, les oiseaux sont
               consommés par les seigneurs mais comptaient parmi les viandes les plus chères, la viande de bœuf était aussi
               beaucoup appréciée. Les poissons étaient les aliments les plus consommés : consommer trop de viande était considéré
               comme un péché dans la religion catholique. Les légumes étaient peu présents dans les festins de la haute société :
               poussant pour la plupart dans la terre, ils étaient délaissés à l'inverse des fruits. </para>
                <para>Les paysans au contraire, consommaient beaucoup de légumes, de soupe de légumes et de pain qui, une fois rassis
               et sec, servait d’assiette. La pomme-de-terre n'existait pas à l’époque mais fèves, lentilles, pois chiches,
               gesses, épinards, courges, choux, oignons, aulx, poireaux, navets, et autres légumes formaient les ingrédients
               variés des soupes qui étaient un plat quotidien. Les bouillons de poisson remplaçaient les bouillons de viande. Les
               céréales étaient appréciées par la seigneurie comme par les paysans ; les plus courantes étaient l'orge, le seigle,
               le sarrasin, le millet et l'avoine. Le riz resta un produit d'importation coûteux durant presque tout le Moyen-Âge
               et sa culture ne commença dans le nord de l'Italie que vers la fin de la période. Le blé était commun dans toute
               l'Europe et était considéré comme la plus nourrissante des céréales mais il était plus prestigieux et donc plus
               cher. La farine blanche finement broyée telle qu'on la connaît aujourd'hui était réservée pour le pain des plus
               riches. L'un des constituants les plus courants d'un repas médiéval, que ce soit lors d'un banquet ou d'un
               casse-croûte, était la tranche de pain trempée dans un liquide comme du vin, de la soupe, un bouillon ou une
               sauce.</para>
                <para> Les fromages étaient très répandus et leur usage était tellement banalisé qu’ils ne figuraient pas parmi les
               mets de choix des festins. Le fromage de Brie et de Champagne fut concurrencé au XVIème siècle par les productions
               de Normandie, d’Auvergne, du Dauphiné, de Suisse, de Hollande et par le parmesan d’Italie. </para>
                <figure>
                    <title> Roman de Lancelot en prose, France, XVème sciècle. </title>
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                        <caption>
                            <para>Paris, BnF, Département des manuscrits, Français 112 fol. 45</para>
                        </caption>
                    </mediaobject>
                </figure>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Les boissons</title>
                <para>Au Moyen-Âge, les inquiétudes sur la pureté de l’eau, les recommandations médicales et son manque de prestige
               faisaient qu'on lui préférait souvent des boissons alcoolisées. On considérait que ces boissons étaient plus
               nourrissantes et plus bénéfiques à la digestion et avaient l'avantage inestimable de réduire les risques de
               contamination, grâce à l'alcool. Le vin était consommé tous les jours dans la plus grande partie de la France et
               dans tout l'ouest du bassin méditerranéen où la vigne était cultivée. Plus au nord, il restait la boisson
               privilégiée de la bourgeoisie et de la noblesse qui pouvaient en acheter mais les paysans et les ouvriers lui
               préféraient la bière et l'ale. Les jus de fruits, de même que les vins, réalisés à partir d'une grande variété de
               fruits et de baies étaient connus dès l'Antiquité et étaient consommés pendant le Moyen-Âge. On trouvait des vins
               réalisés avec des grenades et des mûres ; le cidre et le poiré étaient populaires en Europe du Nord où les pommes
               et les poires étaient abondantes. Le lait simple n'était pas consommé par les adultes sauf les pauvres et les
               malades et était réservé aux enfants et aux personnes âgées essentiellement sous forme de petit-lait. Le lait frais
               était moins consommé que les autres produits laitiers car il n'existait pas de méthodes pour l'empêcher de
               tourner.</para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Le service</title>
                <para>Au Moyen-Age en France, le service se faisait « à la française » : une manière de servir les convives pendant un
               repas où les différents mets était servis tous en même temps ; l'organisation du repas médiéval était composé de
               sept services. Le premier était une mise en bouche (apéritif) constitué de vin, et de petites bouchées de lard
               fumé, de morceaux de pommes, et de pain toasté. </para>
                <para>Le deuxième service était constitué de soupes, comprises comme des préparations liquides, faites de bouillon. </para>
                <para>Le troisième fait de potages, de préparations de viandes ou de légumes cuisinés dans un pot, et qui ont donc
               plutôt la forme d'un ragoût. </para>
                <para>Le quatrième service comprenait des poissons de mer ou d'eau douce. </para>
                <para>Pour le cinquième service, le rôt, la pièce de viande rôtie, constituait souvent le 4ème ou 5ème mets. Ce
               service est en général original et spectaculaire. </para>
                <para>La desserte est l'avant dernier service, pour clore le repas ; le plus souvent, c'est un service de plats
               sucrés. </para>
                <para>Le septième service, dernier service, l'<emphasis>issue</emphasis> ou <emphasis>boute-hors</emphasis>, est un
               service qui invite les convives à se retirer de table. On y servait un vin sucré, accompagné d'épices et de
               douceurs, qui aidaient à la digestion. Il pouvait se prendre à table ou dans les appartements privés, une fois que
               chacun avait quitté la table. </para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Les moines</title>
                <para>Pour compenser l'absence de viande, la cuisine des moines utilise des œufs et des poissons. À l'origine, seuls
               les moines malades avaient le droit de manger de la viande. Mais à la fin du Moyen-Age, tous en prennent. Tenus au
               silence pendant le repas, les moines développaient tout un langage de signes pour communiquer : se passer le pain,
               réclamer à boire…etc. <figure>
                        <title>Henri Suso, L'horloge de Sapience, vers 1455-1460 </title>
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                            <caption>
                                <para>Bruxelles, Bibliothèque royale, Manuscrits IV.111, folio 27</para>
                            </caption>
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                    </figure>
                </para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Exemples de repas médiévaux</title>
                <figure>
                    <title>Bien présenter un plat de chapon</title>
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                                        <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                    <copyright>
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                                        <simpara>Cette illustration est mise à disposition selon les termes de la <link xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/">Licence Creative Commons
                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                    <copyright>
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                                    disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation
                                    Commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International</link>
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                        <caption>
                            <simpara>Bien présenter un plat de chapon . Quand vous dresserez le plat, poudrez-le avec une épice que l’on
                        appelle coriandre, avec des graines de grenade, des dragées, des amandes frites, le tout piqué sur chaque
                        assiette. Le Mesnagier de Paris, recueil anonyme du XIVè s. </simpara>
                        </caption>
                    </mediaobject>
                </figure>
                <para>- <emphasis role="bold">Exemple de souper</emphasis> : Souper de char (viande et poisson)</para>
                <para>1ère assiette : Chapon aux herbes - des pois et des soupes au vin </para>
                <para>2ème assiette : Le rôti le meilleur qu’on peut avoir, en gelée avec de la crème bien sucrée. </para>
                <para>3ème assiette : Des pâtés de chapons avec une sauce froide à la sauge, épaule de mouton farcie, queue de
               sanglier et écrevisses.</para>
                <para/>
                <para>- <emphasis role="bold">Exemple de dîner de poissons pour Carême</emphasis> : </para>
                <para>1ère assiette : Des pommes cuites, des grosses figues de Provence rôties avec des feuilles de laurier
               par-dessus, cresson au vinaigre, pois, anguilles salées, harengs blancs, friture de mer et d’eau douce.</para>
                <para> 2ème assiette : Des carpes, des soles, des rougets, des saumons, des anguilles. A l’issue : des figues, du
               raisin, de l’hypocras et mestriers (gaufres)</para>
                <figure>
                    <title>La purée de fèves</title>
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                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                    </copyright>
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                                    Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.</link>
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                                    <copyright>
                                        <year>2015</year>
                                        <holder>ENS de Lyon</holder>
                                    </copyright>
                                    <legalnotice>
                                        <simpara>
                                            <link xlink:href="https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/">Enregistrement mis à
                                    disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation
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                        <caption>
                            <simpara>La purée de fèves. Les fèves nouvelles doivent premièrement être cuites jusqu’à ce qu’elles
                        éclatent ; puis il faut les mettre en purée ; ensuite, ajouter à cette purée deux grosses
                        tranches de pain de deux doigts d’épaisseur ainsi que du pain brun, et saler. Alors, quand elles ont
                        éclaté et qu’elles sont égouttées, on peut les faire frire dans de la graisse de lardon et y ajouter un
                        peu de poudre d’épices par-dessus. Le Mesnagier de Paris, recueil anonyme du XIVè s. </simpara>
                        </caption>
                    </mediaobject>
                </figure>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Bibliographie</title>
                <para>Bruno Laurioux : <emphasis role="underline">Le Moyen-Age à table</emphasis>
                </para>
            </sect2>
            <sect2>
                <title>Sitographie</title>
                <para>Manger au Moyen-Age : </para>
                <para>
                    <link xlink:href="http://www.lahunaudaye.com/fileadmin/users/hunaudaye/scolaires/Manger_au_Moyen_Age.pdf">http://www.lahunaudaye.com/fileadmin/users/hunaudaye/scolaires/Manger_au_Moyen_Age.pdf</link>
                </para>
                <para> Manger au Moyen-Age pdf : <link xlink:href="http://www.la-hunaudaye.com/fileadmin/users/hunaudaye/scolaires/Manger_au_Moyen_Age.pdf">http://www.lahunaudaye.com/fileadmin/users/hunaudaye/scolaires/Manger_au_Moyen_Age.pdf</link>
                </para>
                <para>La table au Moyen-Age : <link xlink:href="http://www.cndp.fr/crdp-reims/cddp52/gran_doss/dossiers/TMA.pdf">http://www.cndp.fr/crdp-reims/cddp52/gran_doss/dossiers/TMA.pdf</link>
                </para>
                <para>Manger au Moyen-age : <link xlink:href="http://www.webinstit.net/fiche%20par%20theme/galette%20fete%20rois/alimentation_ma.htm">http://www.webinstit.net/fiche%20par%20theme/galette%20fete%20rois/alimentation_ma.htm</link>
                </para>
                <para>Wikipédia ; la cuisine au Moyen-Age : <link xlink:href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cuisine_m%C3%A9di%C3%A9vale">https://fr.wikipedia.org/wiki/Cuisine_m%C3%A9di%C3%A9vale</link>
                </para>
            </sect2>
        </sect1>
        <sect1>
            <title>Auteurs</title>
            <para> Remerciements aux élèves de l'option littérature et société qui ont rédigé et illustré cette Histoire du jardin
            médiéval 2è1 : Azzi Mathilde, Bertrand Antoine, Duchesne Pauline, Ducret Lucie,Gillet Maxime,Liebel, Albane, Mbako,
            Emmanuelle, Soltani Rym, Elasri Hala, Alba Malpel 2è4 : Basso Florian, Cappe Arthur, Gbayoro Sedecias, Lemaire Ida,
            Marouane Sabrina, Savary Akshara 2è7 : Archinard Julie, Granger Nina, Gugert Emma, Loison Cyrille, Trouchaud Emma,
            Pinchard Jade, Cheron Marcus.</para>
        </sect1>
    </article>
</book>